Le CPJ dénonce la condamnation de journalistes en Ethiopie

Lagos, Nigeria (PANA) - Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a qualifié ''d'affront à l'état de droit et à la constitution" le procès intenté mercredi en Ethiopie contre six journalistes accusés de terrorisme.

"Nous nous insurgeons contre la condamnation d'Eskinder Nega et de cinq autres journalistes qui ont exercé leur droit internationalement reconnu à la liberté d'expression", a déclaré dans un  communiqué le consultant de la CPJ en Afrique de l'Est, Tom Rhodes.

"Avec ce verdict, le tribunal a effectivement criminalisé la liberté d'expression, banalisé la menace réelle du terrorisme et sapé la crédibilité du système judiciaire en Ethiopie", a-t-il ajouté.

Les personnes reconnues coupables en compagnie d'Eskinder sont Mesfin Negash et Abiye Teklemariam d'Addis Neger Online, Abebe Gellaw de la Voix d'Addis, Abebe Belew de la radio Internet Addis Dimts, tous basés aux États-Unis et Fasil Yenealem d'ESAT basé aux Pays-Bas.

Avant de prononcer le verdict du tribunal, le juge Endeshaw Adane de la Haute Cour fédérale Lideta d'Addis-Abeba, la capitale, a accusé le blogueur Nega et les cinq journalistes éthiopiens exilés qui ont été jugés par contumace d'utiliser "profiter de la liberté" pour "tenter d'inciter à la violence et de renverser l'ordre constitutionnel".

Les prévenus faisaient partie des 24 accusés de crimes contre l'Etat et le délibéré est renvoyé au  13 juillet et le procureur a requis une peine à perpétuité - la peine maximale - pour chacun d'eux.

La procès de mercredi est le troisième ces six derniers mois, pour motif de terrorisme à l'encontre des journalistes.

Trois journalistes ont été condamnés en janvier sur des accusations de terrorisme. Deux des journalistes ont écopé de peines de prison et le troisième, un journaliste exilé, a été condamné à la perpétuité.

En décembre dernier, deux journalistes suédois avaient été reconnus coupables de terrorisme et condamné à des peines de 11 ans d'emprisonnement chacun.

Les Etats-Unis, Amnesty International et Human Rights Watch se sont joints aux condamnations de ce récent procès.
-0- PANA SEG/ASA/AAS/SOC 28juin2012

28 juin 2012 20:48:45




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