Le CPJ déclare qu'un autre journaliste a été arrêté au Soudan du Sud

Dakar, Sénégal (PANA) - Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé les autorités du Soudan du Sud à libérer immédiatement le journaliste Michael Christopher arrêté le 23 juillet dans la capitale, Juba.

Dans un communiqué transmis mercredi à la PANA à Dakar, au Sénégal, l'ONG a appelé le Soudan du Sud à prendre des mesures et à mettre fin au harcèlement des médias à la suite de l'arrestation et de la détention antérieure d'un autre journaliste, Alfred Taban.

Selon le CPJ, Christopher, le rédacteur en chef du quotidien indépendant en langue arabe al-Watan, a été arrêté par les Services de la sécurité nationale après que son journal a publié un rapport inexact.

Son arrestation intervient alors que les journalistes dans le pays rapportent une augmentation de la pression durant ce mois entre les partisans du président Salva Kiir et ceux du vice-président Riek Machar.

Le communiqué a révélé qu'Alfred Taban, rédacteur en chef de Juba Monitor, a été accusé et sa caution refusée le 24 juillet pour un article sur les combats, et deux autres journalistes ont été déclarés avoir été aussi attaqués.

"Nous exhortons le président Salva Kiir à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les journalistes au Soudan du Sud et veiller à ce que leur droit à la liberté d'expression ne soit pas violé", a souligné la coordonnatrice du programme Afrique du CPJ, Angela Quintal.

"Michael Christopher et Alfred Taban devraient être immédiatement libérés de prison et autorisés à poursuivre leur travail de journaliste dans l'intérêt des peuples du Soudan du Sud et de la région, qui ont besoin d'être tenus au courant des derniers développements", a-t-elle ajouté.

Le communiqué a également cité Abraham Malek, responsable du Réseau des journalistes du Soudan du Sud, déclarant que Christopher a été arrêté après que son journal a à tort, rapporté qu'une force de maintien de la paix des pays voisins arrivera cette semaine dans la capitale sud-soudanaise.

M. Malek a déclaré que le rédacteur en chef adjoint du journal a présenté ses excuses pour l'erreur lors d'une conférence de presse au cours du week-end.

Edmund Yakani, le directeur du Community Empowerment for Progress Organization, qui milite pour la protection des droits des journalistes et des militants de la société civile au Soudan du Sud, a déclaré au CPJ que Christopher n'a pas été inculpé et les efforts déployés par les militants pour lui rendre visite au siège des Service de la sécurité nationale se sont révélés vains.

Pendant ce temps, le communiqué a souligné que Taban, qui a été arrêté le 16 juillet, a été inculpé en vertu de l'article 75 du code pénal, "publication ou communication de fausse déclaration préjudiciable au Soudan du Sud" , et de l'article 76, "atteinte à l'autorité et insulte au président", et il lui a été refusé une libération sous caution.

La veille de son arrestation, Taban avait publié un article appelant Kiir et Machar à démissionner du pouvoir pour avoir manqué d'améliorer la situation de sécurité dans la capitale, Juba.

Le CPJ a déclaré que les affrontements entre partisans du président et ceux du vice-président ont créé un environnement hostile pour la presse du fait que deux autres journalistes, qui ont requis l'anonymat par crainte de représailles, ont indiqué que quelques jours après les affrontements du 11 juillet, ils ont été attaqués sur leur chemin de retour de leurs bureaux.

-0- PANA MLJ / VAO/MTA/TBM SOC   27juillet2016

27 juillet 2016 21:18:10




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