Le CPJ appelle à la réouverture immédiate du "Nation Mirror" au Soudan du Sud

Abidjan, Côte d’Ivoire (PANA) - Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé les autorités sud-soudanaises à la réouverture immédiate du quotidien indépendant "Nation Mirror" dont la fermeture a été ordonnée mercredi par les services de sécurité.

Dans un communiqué transmis à la PANA, le représentant pour l’Afrique de l’Est du CPJ, Murithi Mutiga, a réclamé que le gouvernement du président sud-soudanais, Salva Kiir, devrait autoriser la reprise immédiate des activités du "Nation Mirror".

La fermeture du "Nation Mirror" a été ordonnée par les services de sécurité à la suite d’une convocation des rédacteurs pour les accuser de se livrer à des activités incompatibles avec leur statut juridique, a déclaré son éditeur Aurelions Simon Cholee.

Il a ajouté que la date de reprise de leurs activités ne leur a pas été notifiée. Les récentes publications du "Nation Mirror" datent du 13 septembre sur son site Internet.

Le CPJ précise que le directeur général de l’Information du Soudan du Sud, Paul Jacob Kumbo a déclaré qu’il ne connaissait pas les raisons de la fermeture du "Nation Mirror", pas plus que la date de reprise de ses activités, ajoutant que c’était une décision des responsables des services de sécurité et qu’il était en attente de plus amples informations sur la question.

Le CPJ souligne que dans l’une de ses plus récentes éditions, "Nation Mirror" avait rendu compte d’un rapport d’un groupe de pression américain, The Sentry, sur d’énormes richesses amassées par le président Salva Kiir et son rival, l’ancien vice-président, Riek Machar, qui seraient investies à l’étranger dans des propriétés de plusieurs millions de dollars, tandis que de nombreux Sud-soudanais vivent dans la pauvreté du fait du conflit armé issu de leurs différends politiques.

M. Mutiga a déclaré que: "le Soudan du Sud a besoin de plus et non moins de voix indépendantes et critiques. Empêcher des journalistes professionnels de faire leur travail, ne fera pas avancer les efforts pour bâtir un Soudan du Sud démocratique et stable".

En février 2015, le CPJ avait documenté comment les agents des services de sécurité nationale avaient saisi un tirage du "Nation Mirror" et avaient émis une interdiction de publication consécutivement à des accusations de publication d’articles anti-gouvernementaux.

Le CPJ note une détérioration au cours de ces derniers mois au sein de l’environnement médiatique au Soudan du Sud. En juillet dernier, la fermeture du principal quotidien, "Juba Monitor", a été ordonnée et son rédacteur en chef, Alfred Taban, arrêté après avoir écrit un article critique à l’égard du président Kiir et de M. Machar.
-0- PANA BAL/TBM/IBA 16septembre2016

16 septembre 2016 10:50:10




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