Le CPJ appelle à la libération immédiate du journaliste tchadien Juda Allahondoum

Abidjan, Côte d'Ivoire (PANA) - Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé jeudi dans un communiqué, les autorités tchadiennes à la libération immédiate du directeur de publication de l'hebdomadaire "Le Visionnaire", Juda Allahondoum, et à l'abandon de toutes les charges à son encontre.

Selon le conseil de M. Allahondoum, Me Francis Lokoulde, son client a été arrêté le 17 octobre dernier par la police judiciaire après la publication d'un article dans l'édition du 11 au 17 octobre de l'hebdomadaire "Le Visionnaire" relatif à l'implication d'une compagnie aérienne privée tchadienne, Air Inter 1, dans le transport illégal d'armes à destination de la Syrie.

Le 23 octobre dernier, une semaine après son arrestation, les autorités tchadiennes ont inculpé M. Allahondoum du délit d'usurpation de titre et de la fonction de journaliste, puis l'ont transféré à la prison d'Amsinene, à N'Djamena, la capitale, en attendant l'ouverture de son procès prévue le 2 novembre prochain.

La coordonnatrice du programme Afrique du CPJ, Angela Quintal, a lancé un appel aux autorités pour la libération immédiate de M. Allahondoum, l'abandon de toutes les charges à son encontre et le libre exercice du métier de journaliste.

"Arrêter les journalistes en prétextant de règles professionnelles est un abus de pouvoir inacceptable et un acte flagrant pour intimider la presse", a dénoncé Mme Quintal.

Le procureur de N'Djamena, Mahamat Saleh Youssouf, qui a inculpé M. Allahondoum, a déclaré au CPJ que celui-ci n'était pas un journaliste professionnel et qu'il n'avait pas suivi de formation en journalisme.

Cependant, son avocat Me Lokoulde a un avis contraire. Il soutient que la détention de son client n'est pas liée au fait qu'il ne soit pas un journaliste, mais que son article a dérangé beaucoup de personnes.

Il a ajouté que son client a reçu des messages de menaces de numéros inconnus après la publication de son article, ce qui l'avait obligé à entrer en clandestinité du 12 au 17 octobre.

A sa réapparition, la police l'a convoqué et l'a interrogé au sujet de son article. Durant son interrogatoire, la police l'a accusé d'obstruction à une enquête judiciaire, d'usurpation de titre de la fonction de journaliste et d'usage de faux.

Me Lokoulde a relevé que selon la loi portant régime juridique des médias en son article 5 qui définit les critères requis pour la qualité de journaliste, il n'est nullement fait mention de la formation, ni du cursus scolaire.

De plus, M. Allahondoum est détenteur d'une carte de presse en cours de validité délivrée par le Conseil tchadien de la communication.

M. Allahondoum a été rédacteur en chef, puis directeur de l'hebdomadaire tchadien "L'Union" avant de créer "Le Visionnaire".

Il est en outre le président de l'organisation professionnelle "Patronat de la presse privée".  

-0- PANA BAL/TBM/SOC 26oct2017

26 octobre 2017 22:11:05




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