Le CPJ appelle à la libération immédiate d'un journaliste de Somaliland

Banjul, Gambie (PANA) - Les autorités de Somaliland devraient libérer immédiatement le journaliste Mohamed Adan Dirir, a déclaré mercredi le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Dans un communiqué transmis à la PANA à Banjul, l'organe de défense de la liberté de la presse a révélé que la police a arrêté le journaliste somalien le 16 septembre sur des allégations d'incitation et de publication de fausses nouvelles.

"La criminalisation des rapports et l'incarcération des journalistes ne sont pas la meilleure façon d'aborder les différends concernant le contenu éditorial", a déclaré Angela Quintal, Coordinatrice du programme du CPJ Afrique.

"Nous exhortons les autorités à libérer immédiatement Mohamed Adan Dirir et à abandonner l'enquête sur son travail", a-t-elle ajouté.

Mohamed qui est éditeur du portail de nouvelles en ligne Horseed Media et propriétaire du site de nouvelles Saylactoday, a été arrêté lors d'une conférence de presse au ministère de l'Education à Hargeisa, la capitale administrative de la région semi-autonome.

Selon le CPJ, le journaliste est accusé de fausses nouvelles et d’incitation à la désobéissance à la loi.

La publication de fausses nouvelles est passible d'une peine d'emprisonnement de six mois ou une amende jusqu'à 3 millions de shillings somaliens (5 146 dollars américains) et l’incitation du public à désobéir à la loi inflige une peine allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement par le code pénal de Somaliland.

L'arrestation de Mohamed est liée à des articles dans lesquels il aurait accusé Noradin, un groupe d'écoles privées, de mauvaise gestion et d'inconduite. Mohamed aurait prétendu dans des rapports publiés sur plusieurs sites Web de nouvelles, y compris Gabiley Media, que les enseignants ont accepté des pots-de-vin des étudiants.

Plusieurs liens aux articles ont depuis été supprimés, selon Guleid et Mahad Ibrahim Mohamed, directeur général des écoles de Noradin.

M. Mahad, des écoles de Noradin, a déclaré au CPJ qu'il avait déposé une plainte contre Mohamed au sujet des rapports. Il a déclaré que Mohamed a écrit des articles similaires il y a six mois et aurait tenté une extorsion.

Le communiqué a révélé que Mohamed avait comparu deux fois devant les tribunaux et était détenu au Département des enquêtes criminelles à Hargeisa; le tribunal a statué que la police pourrait le détenir pendant plus longtemps sans inculpation aux fins d'enquête.

Contrairement, le CPJ a déclaré que Mohamed a été arrêté précédemment pour son journalisme, rappelant qu'en mai, les autorités ont arrêté Mohamed sans inculpation pendant un mois, pour avoir posé à la ministre de la Santé une question lors d'une conférence de presse.

De plus, le CPJ a déclaré que le site de Mohamed, Saylactoday, était l'un des cinq sites bloqués par les autorités du Somaliland en juillet pour "diffusion de fausses nouvelles" et "propagande contre les fonctionnaires de l'Etat de la Somalie"; le site est toujours bloqué au Somaliland.

-0- PANA MLJ/AR/MTA/TBM/SOC 27sept2017

27 septembre 2017 21:13:42




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