Le BIT discute du traitement des malades du VIH

Dar es Salaam- Tanzanie (PANA) -- L'Organisation internationale du Travail (OIT) a distribué à tous ses membres un projet de code de conduite qu'il souhaiterait faire adopter comme guide universel pour l'élimination de la discrimination contre les victimes du VIH/SIDA sur les lieux de travail.
Si ce texte est adopté à l'issue de la prochaine conférence générale prévue en mai, à Genève, les malades atteints par cette pathologie se retrouveront dans un monde différent, ont fait observé les responsables de l'OIT à Dar es Salaam.
Les délégués à l'assemblée de l'OIT, notamment les ministres chargés du Travail, les leaders de syndicats et les représentants d'organisations patronales, examineront le document et, si tout se passe bien, parviendront à un consensus sur le traitement équitable des travailleurs affectés par la pandémie.
Les responsables de l'OIT indiquent que dans de nombreux pays, les travailleurs infectés ont été victimes de mauvais traitements de la part de leurs collègues et de leurs employeurs en raison de leur maladie et des idées fausses véhiculées sur le VIH/SIDA.
Le code, dont l'adoption est envisagée, devrait avoir pour effet de dissuader les employeurs de contraindre les demandeurs d'emploi ou les travailleurs à révéler leur séropositivité ou de mettre un terme à leur contrat.
Lorsque l'état sanitaire d'un individu qui souffre d'une maladie opportuniste liée au SIDA s'est trop dégradé pour qu'il puisse continuer à travailler, et lorsque toutes les possibilités alternatives ont été épuisées, notamment celles qu'offre le congé de maladie de longue durée, le code suggère que l'éventualité d'une rupture de contrat soit envisagée dans le cadre des lois du travail non discriminatoires et avec paiement de toutes les indemnités.
Une récente étude de l'OIT prévient contre les conséquences catastrophiques du VIH/SIDA, pour les travailleurs et les employeurs du monde entier, en prévoyant, dans les 20 prochaines années, une réduction considérable de l'importance et de la qualité de la main d'oeuvre dans un certain nombre de pays.
L'OIT indique également, en se fondant sur une analyse des données démographiques du Botswana, du Cameroun, de l'Ethiopie, de la Côte d'Ivoire, de Haiti, du Kenya, du Malawi, du Mozambique, de la Namibie, du Nigeria, de l'Afrique du Sud, de la Tanzanie, de la Thaïlande, de l'Ouganda et du Zimbabwe, que du fait de la pandémie du SIDA, il y aura, d'ici 2020, environ 24 millions de travailleurs de moins dans ces pays.
L'OIT estime que huit pays africains (Botswana, Kenya, Malawi, Mozambique, Namibie, Afrique du Sud, Ouganda et Zimbabwe), qui enregistrent des taux de prévalence supérieurs à 10 pour cent au sein de la population adulte, connaîtront une réduction de leur main d'oeuvre de 10 à 22 pour cent, par rapport à la situation qu'ils auraient connu si le VIH/SIDA n'avait pas existé.
Dans les pays dont les taux de prévalence du SIDA au sein de la population adulte sont inférieurs à 10 pour cent (Cameroun, Côte d'Ivoire, Ethiopie, Haïti, Nigeria et Tanzanie), les prévisions laissent à penser que la réduction de la main d'oeuvre sera de 3 à 9 pour cent, à l'exception de la Thaïlande où la différence sera tout juste supérieure de un pour cent à ce qu'aurait été la situation sans le VIH/SIDA.
L'adoption de ce code devrait entraîner une augmentation des lieux de travail qui accueillent des victimes du VIH/SIDA, grâce à l'utilisation de ce document, par les gouvernements, employeurs et citoyens ordinaires, comme guide pour gérer la pandémie.

20 avril 2001 22:02:00




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