Le Bénin relance sa filière du palmier à huile

Cotonou- Bénin (PANA) -- le gouvernement béninois vient d'élaborer un plan d'orientation pour le développement à moyen terme de sa filière du palmier à huile, dans le cadre de la mise en oeuvre de sa politique de diversification des produits agricoles.
L'exécution du projet met en jeu non seulement les acteurs locaux impliqués dans cette filière, mais aussi des partenaires au développement auprès de qui le Bénin entend rechercher l'appui financier.
Prévu pour une durée de cinq ans, le projet nécessite un financement total de 16 milliards 100.
735.
000 francs CFA.
Il bénéficiera d'une subvention de l'Etat estimée à 656.
960.
000 francs CFA soit 4,1 pour cent du coût global.
Selon une source proche du ministère du Développement rural, maître d'oeuvre du projet, cette subvention évoluera de 13,6 pour cent pour la première année, 4 pour cent, pour la deuxième année, 3,2 pour cent pour la troisième année, 2,3 pour cent pour la quatrième année et en fin 1,9 pour cent pour la cinquième année.
Les associations des producteurs béninois contribueront à partir des recettes d'abattage d'anciens palmiers pour environ un milliard 980 millions de francs CFA et du produit de la vente des récoltes pour environ un milliard 350 millions de francs CFA sur les cinq ans à venir.
D'autres contributions sont également attendues du Fonds pour le Développement du Palmier à huile à partir du remboursement des prêts de réhabilitation des plantations industrielles pour environ un milliard 400 millions de francs CFA, soit un total estimatif d'au moins 4 milliards 730 millions de francs CFA de contribution des producteurs au programme.
Le reste du financement du projet pourrait provenir de la Banque mondiale, de l'Union européenne, du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), de la Banque islamique de Développement (BID), de la Banque ouest africaine de Développement (BOAD) ou de la coopération bilatérale française, suisse, canadienne, hollandaise, Danemark, nipponne, allemande, belge et des Etats-Unis, explique M.
Isaac Adjé, directeur de la station de recherche sur le palmier à huile.
Selon des responsables de l'Institut national des recherches agricoles du Bénin, la première phase d'un programme de relance exécutée de 1996 à 2000 a consisté en l'accroissement du potentiel de production des plantations par l'utilisation du matériel végétal sélectionné et la maîtrise des itinéraires techniques.
Cette première phase, indique le ministre du Développement rural, M.
Théophile Nata, a permis de valoriser les acquis de la recherche agronomique dans l'amélioration de la productivité de matériel végétal, de lancer un véritable programme de promotion des plantations villageoises, d'amorcer un programme cohérent de réhabilitation et de renouvellement des plantations industrielles et d'obtenir le désengagement effectif de l'Etat de ce secteur de production.
Selon une estimation de la station de recherche sur le palmier à huile, le projet permettra de passer de 6.
100 hectares en 2005 à 26.
910 hectares en 2010, avec plus de 54 pour cent en plantations villageoises, et de 20.
100 tonnes de production de régimes de 2005 à 190.
450 tonnes en 2010.
Les responsables de la station estiment en outre que la production d'huile de palme peut évoluer de 3.
515 tonnes en 2005 à 33.
150 tonnes en 2010.
"Au total, ce programme à moyen terme, s'il est mis en oeuvre et soutenu, permettra de renouveler 50 pour cent des plantations industrielles devenues peu productives parce que vieilles de plus de 30 à 35 ans", souligne M.
Isaac Adjé .
Il explique que ces replantations de 9 900 hectares auront une production en régimes équivalente à celles des 24.
500 hectares actuellement en exploitation, permettant un niveau de performance non négligeable.
Quant à la palmeraie villageoise, elle deviendra une composante importante de la filière par rapport à la situation d'aujourd'hui, affirme-t-il, ajoutant que la réhabilitation de la palmeraie naturelle aujourd'hui très peu productive, passerait de 5.
600 hectares en 1999 à 14.
500 hectares en 2010, avec une production en régimes multipliée par cinq.
Le palmier à huile a été au Bénin, la première filière d'exploitation jusqu'au début des années 1970, avant son déclin qui s'est manifesté par la désorganisation de la filière, l'abandon des plantations à la limite et la chute des exploitations à peine 40 pour cent des besoins intérieurs en huiles végétales.
La relance de la filière palmier à huile à travers un premier programme a permis à la palmeraie villageoise d'amorcer son développement pour devenir effectivement la principale composante de cette production.
Les principaux acquis de ce premier programme ont été la mise en place des infrastructures pour la réduction décentralisée des plants, la formation des pépiniéristes capables d'une bonne gestion de cette activité qui constitue la base indispensable au développement de la culture du palmier sélectionné, a-t-on indiqué.
En ce qui concerne la composante plantation industrielle, les travaux de réhabilitation ont eu un effet très significatif sur l'augmentation de la production des régimes, ont fait remarqué les ingénieurs de la Station de Recherche de Palmier à huile.
Pour le directeur général de l'Institut national de Recherche agronomique du Bénin, M.
Jean Détongnon, "ces acquis sont très importants à consolider pour la levée des handicaps rencontrés au cours de la première phase d'un programme afin que la filière palmier puisse contribuer effectivement à la satisfaction du marché tant intérieur que sous-régional".
En effet, au Bénin, les besoins en huile alimentaires de la population sont en constante augmentation en raison de la poussée démographie.
Une enquête de l'Institut national des Statistiques et de l'Analyse économique a montré que la consommation d'huile de palme intervient pour environ 44 pour cent dans la consommation nationale totale de cette denrée, évaluée à 71.
960 tonnes en 1992.
Les projections d'évolution de la population et de la consommation nationale des huiles de palme passeront de 53.
000 tonnes en l'an 2000 à environ 78 700 tonnes en 2012.
De plus les importations d'huile alimentaires sont estimées en valeur à plus de 1.
064 millions de FCFA en 1997.
"Dans le contexte actuel de mondialisation de l'économie et principalement de l'ouverture d'un grand marché régional au sein des pays membres de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), il urge de procéder à une large diversification de la production nationale.
La filière à huile peut et doit jouer, à l'instar du coton dans le nord, le rôle moteur du développement économique dans les département du sud, a laissé entendre M.
Jean Dètongnon .
Le secteur agricole, qui joue un rôle essentiel dans l'économie béninoise, contribue pour environ 37 pour cent au Produit intérieur brut (PIB) et fournit plus de 85 pour cent des recettes d'exportation d'origine intérieure.
Il emploie environ 70 pour cent de la population active du pays.
Selon des études récentes du Programme des Nations Unies pour le Développement, confirmées par le ministère du Développement rural, plus de 40 pour cent de la population du Bénin vivent en dessous du seuil de pauvreté (estimé à environ 50.
000 francs CFA par an et par personne), alors que plus de 20 pour cent connaissent une précarité chronique.

30 أبريل 2001 20:24:00




xhtml CSS