Tripoli- Libye (PANA) -- Les journaux libyens de cette semaine se sont focalisés sur le 14-ème sommet ordinaire de l'Union Africaine (UA) qui s'est tenu du 31 janvier au 2 février courant dans la capitale éthiopienne, Addis- Abeba, sous le thème: "Les technologies de l'information et de la télécommunication en Afrique: défis et perspectives de développement".
La presse libyenne s'est également intéressée au contenu de l'interview exclusive accordée par le guide Mouammar Kadhafi à la PANA, à la conférence de presse tenue par le guide Kadhafi à l'issue de la cérémonie d'ouverture du sommet de l'UA et à la célébration par la Communauté des Etats Sahélo- Sahariens (CEN-SAD) de son 12-ème anniversaire.
Dans cette perspective, Al-Jamhouriya a indiqué que les dirigeants africains ont fini leurs travaux avec une série de décisions sur des questions aussi variées que la paix et la stabilité, la sécurité alimentaire, les finances et le développement des infrastructures.
Les chefs d'Etat et de gouvernement ont décidé de combattre farouchement les changements anticonstitutionnels de pouvoir, de mettre en oeuvre un ambitieux programme d'introduction d'une monnaie commune en 2018 et de doter tout le continent de réseaux routiers et adopté un budget de 250 millions de dollars US pour le fonctionnement de l'organisation continentale en 2010.
Sur le plan de la paix et de la sécurité, les dirigeants africains ont salué l'évolution positive de la situation politique en Mauritanie, en Guinée et en Guinée-Bissau, "où des mesures concrètes ont été prises pour restaurer la démocratie et l'espoir de leurs citoyens".
Rapportant de larges extraits de l'interview accordée par le guide Mouammar Kadhafi à la PANA à Syrte, la veille du sommet de l'UA, Al-Fajr Al-Jedid a indiqué que le guide Kadhafi a rappelé que les Africains s'étaient engagés, avec grand enthousiasme et un espoir immense, en faveur de l'édification des Etats-Unis d'Afrique, assurant que dix ans après la proclamation de l'UA et à la suite d'un travail laborieux, les Africains se rendent malheureusement à l'évidence que le continent fait du surplace et manque jusqu'à présent, de réaliser son projet d'une Afrique unie.
Le guide Mouammar Kadhafi a indiqué, à ce propos, qu'à la fin de la décennie suivant la fondation de l'UA, en 1999, ni le gouvernement fédéral ni aucun ministère fédéral, encore moins un instrument d'unification n'ont été réalisés, et le continent est en train de faire du surplace.
Abordant la possibilité d'une proclamation du gouvernement fédéral avec les pays qui sont actuellement prêts, le guide Mouammar Kadhafi a indiqué qu'il espérait que les Africains évolueraient ensemble vers l'unité et les Etats- Unis d'Afrique et signalé que l'Afrique a toujours, dans le passé, bougé collectivement et adopté ses décisions de façon collective, à l'instar de l'édification des Etats-Unis d'Afrique et de la proclamation de l'Organisation de l'Unité Africaine où aucune absence n'a été déplorée.
Il a rappelé aussi que la proclamation de la Communauté économique africaine à laquelle également personne n'a manqué à l'appel et de ce fait, il est nécessaire qu'on convienne ensemble sur la proclamation du gouvernement fédéral et la transformation vers les Etats Unis d'Afrique d'une manière collective.
Le guide Mouammar Kadhafi a renouvelé dans sa réponse sur une question relative aux changements climatiques et à la politique environnementale, que tant qu'il n'y aura pas de mécanismes unionistes, le continent africain ne pourra effectuer une action permettant de résoudre ces^problèmes.
Il a signalé que l'atteinte des objectifs ne peut se faire qu'à travers la création de mécanismes spécifiques pour l'exécution.
Pour sa part, Al-Chams a mis en exergue la conférence de presse du guide Mouammar Kadhafi au cours de laquelle il a écarté l'éventualité d'une guerre entre le Nord et le Sud Soudan, à la lumière du référendum d'autodétermination au Sud Soudan prévu en 2011 et a fait prévaloir, par contre, la survenue de problèmes et de guerres à l'intérieur du Sud du pays où s'entretuent les tribus du sud qui vivent actuellement des antagonismes, et de ce fait le sud pourrait se transformer en une nouvelle Somalie.
Le même journal a indiqué que le guide Mouammar Kadhafi a déploré la malchance du président américain Barack Obama en raison des graves problèmes dans lesquels se débattent les Etats-Unis d'Amérique et qu'il a hérités de l'ancienne administration républicaine.
Il a précisé que le président Obama, malgré les projets progressistes qu'il a proposés et son action en vue de libérer l'Amérique de l'étiquette de tuteur et gendarme du monde, a hérité malheureusement, de batailles qui n'étaient ni dans l'intérêt du peuple américain ni du monde.
Selon le journal, le leader Kadhafi a qualifié ces batailles d'injustes, de perdues d'avance et d'échecs dont la guerre contre l'Irak, l'Afghanistan et autres qui, selon le guide Kadhafi, ont causé des milliers de victimes.
Le guide Mouammar Kadhafi a vigoureusement critiqué la politique de deux poids deux mesures des Etats-Unis, notamment en matière de questions de droit de l'homme, de démocratie et de libertés et rappelé, à ce propos, les scandales américains à Guantanamo, dans la prison d'Abu Graib et affirmé que les atrocités commises dans ces endroits n'ont pas été perpétrés par Hitler.
Al-Chams a ajouté que le guide Mouammar Kadhafi a estimé lors de cette conférence de presse, que derrière le discours occidental sur la stabilité de la Guinée, se cachent des tentatives de mettre la main sur les richesses du pays et que "la situation actuelle est propice à la ruée vers les richesses de la Guinée.
Le pays est devenu la proie rêvée de tous ceux qui veulent signer des contrats juteux dans les secteurs de la bauxite, de l'aluminium, du fer, du pétrole, du manganèse".
Le guide libyen Mouammar Kadhafi a soutenu que le mode actuel de gouvernance en Afrique, basé sur le multipartisme et des élections, n'a apporté ni la stabilité, ni la prospérité au continent et pour cette raison, le continent est en proie à l'instabilité politique comme en Côte d'Ivoire, dans la Corne de l'Afrique".
De son côté, Al-Jamahiriya a accordé de larges colonnes au 12ème anniversaire de la CEN-SAD, ce regroupement régional lancé le 4 février 1998 à l'initiative du guide Mouammar Kadhafi au terme d'un sommet auquel avaient pris part le Mali, le Tchad, le Niger, le Soudan et le Burkina Faso.
Ce benjamin des rassemblements régionaux en Afrique compte actuellement 28 pays membres et a pour objectif l'édification d'une union économique globale selon une stratégie intégrant les plans nationaux de développement des pays membres et encourageant l'investissement dans les domaines agricole, industriel, social, culturel et énergétique.
L'organisation vise également l'élimination des obstacles à l'unité de l'espace de la communauté par des mesures sur la libre circulation des personnes, des capitaux et des biens, ainsi que sur le droit de résidence, de travail, de propriété et l'exercice de diverses activités économiques des citoyens dans les pays membres.