Dar es-Salaam, Tanzanie (PANA) - La légèreté dans la recherche et la mauvaise vérification des faits dans les quotidiens indiquent que la vérité souffre de telles lacunes dans plusieurs médias africains, a déclaré jeudi le ministre tanzanien de l'Information, de la Jeunesse, des Sports et la Culture, Emmanuel Nchimbi.
M. Nchimbi s'exprimait lors du lancement officiel des "Principes directeurs de leadership pour les propriétaires et les gestionnaires de médias africains", un résultat du Forum des dirigeants africains de presse qui a eu lieu du 10 au 11 novembre 2011 à Tunis, en Tunisie.
"Ces principes directeurs constituent le chaînon manquant dans les opérations médiatiques vu qu'elles ciblent le leadership et l'excellence", a-t-il dit tout en notant que les propriétaires des médias africains avaient élaboré des principes directeurs pour transformer non seulement la société mais eux-mêmes afin qu'ils jouent le rôle de véritables partenaires de l'état.
"L'Afrique n'est pas condamnée à être un réceptif des nouvelles idées provenant d'autres continents, que ce soit en matière de gouvernance ou de gestion des médias. Le respect du code de déontologie élaboré au niveau local est susceptible d'être plus strict par rapport à ceux imposés d'ailleurs", a dit M. Nchimbi.
Il a félicité les patrons et les gestionnaires de la presse en Afrique pour leur travail et leur approbation de l'ensemble des principes pour développer une presse éthique et durable.
"L'expérience a montré que le comportement des patrons et des gestionnaires de la presse a un impact sur la performance des entreprises qu'ils dirigent", a ajouté le ministre.
Pendant ce temps, le chef de la direction d'Initiative pour la presse en Afrique (Africa Media Initiative, AMI), le Sénégalais Amadou Mahtar Bâ, a affirmé que la direction et les principes directeurs lancés jeudi ne sont pas juridiquement contraignants.
"Il y a une raison très simple à cela. A la fin de la journée le seul juge demeure le public qui écoute, lit et regarde la production de la presse. En adoptant ces principes, nous avons envoyé un signal pour que le public sente que nous nous nous attelons à améliorer la qualité au sein des entreprises de presse", a déclaré M. Bâ.
Basé à Nairobi, au Kenya, AMI a été lancé en mai 2008 comme un projet destiné à stimuler le développement économique et améliorer la gouvernance par le renforcement d'une presse indépendante et pluraliste à travers l'Afrique.
S'exprimant au nom des patrons de la presse africaine, M. Reginald Mengi, qui préside l'Association des patrons de presse en Tanzanie (MOAT), a déclaré que le code de déontologie découle d'un besoin général ressenti à travers le continent pour établir un code éthique pour les propriétaires et les gestionnaires de la presse et de veiller à la crédibilité de leur livraison.
"Les leaders d'opinion en Afrique admettent que le continent est confronté à une crise éthique ... et les entreprises de presse ne sont pas en reste", a déclaré M. Mengi.
"Comme les patrons de presse tentent de jouer un rôle de plaidoyer dans la promotion de la culture de la transparence, la bonne gouvernance et la reddition de comptes, ils ont besoin du soutien d'autres secteurs de la société pour aborder les questions éthiques liées à l'utilisation et à l'abus de l'Internet et des médias sociaux», a-t-il ajouté.
"Notre continent connait une amélioration dans de nombreux domaines, y compris dans la transformation démocratique qui exige que la presse garantisse le professionnalisme et la responsabilité au service de l'intérêt public, tout en maintenant leur propre transparence et la confiance. Nous devons rendre la presse africaine crédible et fiable", a poursuivi M. Mengi.
-0- PANA AR/SEG/ASA/AAS/SOC 03mai2012