Lancement à Bamako d'un plan opérationnel 2016 contre la pratique du mariage précoce

Bamako, Mali (PANA) - La pratique du mariage précoce et forcé demeure courante au Mali en général et dans les zones rurales en particulier, malgré son interdiction par la loi, a appris la PANA mercredi Bamako, lors de la cérémonie de lancement de la mise en œuvre du plan opérationnel 2016 de Amnestie International-Mali et de la campagne « Mon corps, mes droits » de la même ONG.

Selon l’Enquête démographique et de santé (Edsm) de 2006, les Maliennes entrent en union à un âge très précoce et 60% d’entre elles sont en union avant l’âge de 18 ans.

D’après l’enquête par grappes à indicateurs multiples (Mics) de 2010, la région de Kayes est la première région du Mali en terme de mariage précoce avec 27% des femmes mariées avant leurs 15 ans contre 14% au niveau national.

Le rapport d’Amnesty International-Mali relève que le fait viole les droits sanitaires éducatifs des femmes et des jeunes filles et les expose à la violence physique, psychologique et sexuelle. Il est également une privation pure et simple de la liberté des enfants à se marier librement.

Pour le chef de la division Promotion enfant à la direction nationale de l’Enfant et de la Famille, Boulkassoum Cissé, le phénomène se manifeste par des fiançailles précoces, des chantages, des menaces des parents ou du prétendant, des violences physiques ou verbales, le rejet de la fille par son entourage, le sororat et la fugue.

Ses conséquences sont, entre autres, la déperdition scolaire, la limitation du cursus scolaire, la perturbation de l’éducation familiale, le faible taux de scolarisation et le viol du consentement des droits humains et sexuels de la jeunesse.

Pratique traditionnelle consistant à donner en mariage une fille ou un garçon avant l’âge de 18 ans à une personne adulte, environ 14 millions de filles sont mariées tous les ans avant d’avoir atteint 18 ans, a-t-il révélé.

L’Afrique subsaharienne avec 38% est la deuxième région au monde la plus affectée par le mariage précoce et forcé. Le continent africain abrite 14 des 20 pays qui ont le taux de prévalence le plus élevé de mariages d’enfants.

Les participants ont proposé, en guise de solution, de renforcer le dialogue communautaire autour du thème des mariages précoces, d’harmoniser les textes maliens avec les conventions internationales en relevant l’âge de mariage à 18 ans révolus, de mettre en place des programmes de renforcement de capacités en faveur des femmes et des filles.

Il a été aussi préconisé le maintien des filles à l’école, l’enseignement du thème des mariages précoces et forcés à l’école et l’apprentissage des filles à leurs droits.
-0- PANA GT/BEH/IBA 04fév2016

04 février 2016 15:23:12




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