La violence en Centrafrique a déplacé près d'un million de personnes, selon l'ONU

New York, Etats-Unis (PANA) - La situation humanitaire en Centrafrique demeure difficile du fait de l'insécurité qui bloque l'accès à l'aide à plus de 935.000 personnes déplacées par les violences, a annoncé ce vendredi le Haut conseil des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).

"Les gens se cachent dans les buissons par peur de nouvelles attaques", a indiqué le porte-parole du HCR, Babar Baloch, selon qui, les agences humanitaires n'ont pas pu atteindre les personnes à secourir d'urgence à cause des attaques ciblées de civils, des pillages et de la présence d'hommes armés.

"A côté de cette détérioration de la situation, les longues distances qu'il faut parcourir pour rallier tour à tour les sites d'accueil établis hors de la capitale, Bangui, ainsi que le mauvais état des routes ont progressivement rendu difficile l'atteinte des personnes déplacées par le conflit", a-t-il noté.

M. Baloch a également parlé d'un "affaissement total de la justice et de l'ordre" qui sape la mise en place d'un système efficace de distribution de l'aide.

Le porte-parole a annoncé qu'en dépit de la présence d'une force militaire internationale près de l'aéroport de Bangui, "ils (les soldats) n'ont pas pu assurer les conditions requises pour que les agences humanitaires réussissent leur travail".

M. Bloch a en outre évoqué la nécessité d'un renfort en troupes et d'une coordination efficace des opérations pour permettre à la mission de soutien international de l'ONU et la MISCA, une force sous mandat de l'Union africaine, de venir à bout de l'insécurité.

Selon lui, "le HCR est en train d'étendre sa présence dans le pays".

"Par ailleurs, depuis dimanche dernier, l'agence a organisé, par avion et à partir de ses entrepôts dans la région, l'approvisionnement de véhicules, de tentes, de couvertures, de sacs de couchages, entre autres commodités. La distribution de tels équipements est rendue d'autant plus difficile que le nombre de familles qui en ont besoin augmente", a déclaré le porte-parole du HCR.

Selon l'organisation onusienne quelque 512.672 personnes représentant plus de la moitié de la population de Bangui, sont actuellement abritées dans 67 sites dans la capitale ou vivent en familles d'accueil, 60 pour cent d'entre eux étant des enfants.

La mission de soutien de l'ONU a été mandatée en décembre dernier pour endiguer la spirale de violence et de violations des droits humains en Centrafrique, plongée dans la crise depuis les attaques, l'année dernière, des rebelles Seleka à dominante musulmane, qui ont forcé le président Bozizé à s'enfuir en mars dernier.

Malgré l'installation d'un gouvernement de transition chargé de restaurer la paix et de préparer des élections démocratiques, des affrontements armés ont resurgi et opposent notamment  d'anciens rebelles Seleka à des milices chrétiennes.

-0- PANA AA/VAO/BSE/TBM/SOC 03Jan2014

03 janvier 2014 21:40:19




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