La société tunisienne entretient des modèles traditionnels maintenant les violences contre les femmes, selon une étude

Tripoli, Libye (PANA) - La société à prédominance masculine tunisienne est encore en train de produire des modèles traditionnels justifiant la violence contre les femmes, a indiqué une étude sur les "représentations sociales de la violence contre les femmes" en Tunisie.

Menée par le Centre pour le soutien de la recherche, de documentation et d'information avec le soutien du Fonds des Nations unies pour la populations, cette étude qualitative, dont les résultats préliminaires ont été présentés mardi lors d'un séminaire tenu au Centre à Tunis, cible des groupes de discussion de jeunes âgés entre 18 et 25 ans, et la catégorie des hommes à l'âge de 35 ans et plus, afin d'enquêter sur la réalité des représentations sociales de la violence contre les femmes.

Ces groupes appartiennent à différentes couches professionnelles et sociales dans les gouvernorats de Grand Tunis, Bizerte, Monastir, Medenine, Béja et Siliana.

La professeur des sciences sociales, Samira Ayad, a indiqué que l'étude a prouvé que la société dominée par les hommes porte et reproduit les perceptions justifiant la violence contre les femmes et les attitudes sont restées les mêmes et ne sont pas développées.

Parmi les plus importantes justifications, celles indiquant que "ce sont les femmes qui poussent les hommes à la violence contre elles à la suite de leur échec dans l'exécution de leurs devoirs familiaux ou à cause de son comportement irresponsable", et que "les femmes sont responsables de l'agression sexuelle parce qu'elles font porter les vêtements osés qui provoquent les hommes".

Plusieurs personnes interrogées ont estimé que les médias contribuaient "de manière inadmissible" à la promotion de la rébellion des femmes contre les hommes, et aussi à la tentation d'affronter et de harceler les hommes.

A cet égard, le Parlement tunisien a ratifié le 26 juillet 2017 un projet de loi visant à lutter contre la violence à l'égard des femmes, rappelle-t-on.

La loi définit la violence contre les femmes comme "toute attaque physique, morale, sexuelle ou économique contre les femmes, fondée sur la discrimination liée au sexe qui cause un préjudice physique, psychologique, sexuel ou économique aux femmes".

La loi prévoit "une peine de deux ans d'emprisonnement et une amende de 5.000 dinars (environ 2.000 dollars) pour harcèlement sexuel", ainsi qu'"une peine d'emprisonnement d'un an pour quiconque harcèle une femme dans un lieu public avec tout acte, déclaration ou signe qui porterait atteinte à sa dignité ou la discréditerait".

La loi a provoqué une controverse dans les médias, les journaux et les sites des réseaux sociaux, tandis que certains en ont vu une étape importante pour améliorer le statut des femmes et la liberté conformément à la Constitution tunisienne, d'autres l'ont estimé comme "de nouvelles entraves pour l'homme et une plus grande largesse en faveur des femmes pour faire ce qu'elle veut", sans obligation de rendre compte.
-0- PANA YY/BY/TBM  20déc2017

20 décembre 2017 21:41:11




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