La situation serait redevenue calme au Darfour, selon l'ONU

Nairobi- Kenya (PANA) -- La situation sécuritaire était relativement calme dans le Darfour au cours du week-end dernier, a constaté la Mission hybride des Nations unies et de l'Union africaine (MINUAD) déployée dans cette région du Soudan en proie à de graves troubles.
Le communiqué de la MINUAD intervient sur fond d'une situation caractérisée par une série d'attaques mortelles ayant causé la mort de huit soldats de la paix au début du mois de juillet.
Selon la MINUAD, 2.
000 personnes environ, essentiellement des étudiants, ont participé dimanche à une manifestation pacifique organisée dans la ville de Nyala, capitale de l'Etat du Sud-Darfour.
Au cours des dernières 24 heures, la mission a effectué 19 patrouilles de sécurité et de renforcement de la confiance dans la région et les organismes onusiens ont également continué à mener leurs opérations humanitaires.
Ameerah Haq, Coordinateur humanitaire des Nations unies au Soudan, a expliqué que, malgré l'insécurité ambiante, les services essentiels nécessaires à la survie continueraient d'être assurés au bénéfice des citoyens du Darfour les plus vulnérables et ce, malgré l'insécurité qui rend difficile l'acheminement de l'aide vers certaines zones.
M.
Haq a appelé à l'assistance des autorités soudanaises pour faire de telle sorte que les services cruciaux soient fournis aux populations touchées du Darfour, où jusqu'à 300.
000 personnes auraient été tuées à la suite de combats directs, de maladies ou de malnutrition depuis l'année 2003.
“Par ailleurs, 2,7 millions de personnes ont été déplacées du fait des combats entre rebelles, forces gouvernementales et milices alliées, plus connues sous le nom de Djandjawids”, affirme encore la mission onusienne.
Rodolphe Adada, le représentant spécial de l'ONU et de l'UA dans le Darfour, a rencontré dimanche le Médiateur en chef de l'ONU/UA pour le Darfour, Djibril Yipènè Bassolé, pour l'informer des derniers développements, en particulier des efforts déployés pour accélérer le déploiement de la mission.
Lundi, M.
Adada avait rencontré M.
Amr Moussa, le Secrétaire général de la Ligue arabe, pour examiner la coopération et la paix dans le Darfour, au lendemain des récentes accusations pour génocide et crimes de guerre prononcées par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais, Omar el-Béchir.
Cependant, Jane Holl Lute, sous-Secrétaire générale et Martin Luther Agwai, commandant en chef de la MINUAD, ont rendu visite aux troupes lundi, dans la ville de Shangil Toboya, dans le Nord- Darfour, pour les assurer de l'appui des Nations unies, en général et de la mission, en particulier, sur leur travail.
Sept casques bleus ont été tués le 8 juillet, dans une embuscade tendue contre une patrouille de la MINUAD, non loin d'Um Hakibah, dans le Nord-Darfour, tandis qu'un autre soldat de la paix a été abattu mercredi, dans l'Ouest-Darfour.
Le général Agwai a écrit dans l'édition de mardi du "Mail" et du "Guardian", deux journaux de Johannesburg, que la situation s'est considérablement dégradée, à telle enseigne qu'il conviendrait d'élargir la force en renforçant la participation de pays non africains.
Il a indiqué que la résolution autorisant la création de la mission insiste sur le caractère essentiellement africain de la MINUAD et non sur son caractère exclusivement africain.
"Compte tenu des contraintes compréhensibles auxquelles sont confrontés les pays africains mettant à disposition des contingents, nous devons aujourd'hui être en mesure de nous tourner vers les pays africains soucieux et en mesure d'aider notre mission à bref délai.
Les populations du Darfour ne méritent pas moins que cela", a-t-il encore écrit.
Le général Agwai a appelé au renforcement urgent de la mission, notamment par le déploiement de troupes et la mise à disposition des équipements et des ressources manquants, comme les hélicoptères tactiques.
La mission ne dispose actuellement que du tiers des 26.
000 militaires et personnels de police dont la mission a besoin afin d'atteindre le niveau prévu pour être pleinement opérationnelle.
"Je suis profondément préoccupé par la déterioration de la situation sécuritaire constatée sur place.
Le maintien de la paix est devenu une entreprise mortelle", a-t-il noté, faisant référence aux récentes attaques.
Les mouvements rebelles du Darfour ont connu des scissions, passant ainsi de quelques factions, il y a quelques années, à 30 factions et groupes distincts environ et ils continuent d'exercer des pressions par leurs attaques, en particulier contre des membres de la MINUAD.
"Les mouvements ont trop longtemps bénéficié d'une certaine mansuétude.
L'heure est venue pour eux de montrer qu'ils sont sérieux quand ils parlent de paix.
Ils doivent déposer les armes et s'asseoir autour de la table de négociation avec le gouvernement".
Le général Agwai a également exhorté le gouvernement soudanais à prendre des mesures pour un règlement durable de la crise du Darfour, une région aride et pauvre de la partie ouest du pays.

23 juillet 2008 12:38:00




xhtml CSS