La situation humanitaire au Darfour s'aggrave, selon Oxfam

Nairobi- Kenya (PANA) -- L'organisation non gouvernementale Oxfam International, a déclaré lundi qu'elle dépêcherait ce mois-ci quatre avions remplis de secours vitaux au Darfour, dans l'Ouest du Soudan, et deux autres au Tchad où des milliers de personnes déplacées vivant dans des camps surpeuplés sont confrontées à de graves pénuries d'eau et sont de plus en plus menacées par la maladie.
Le premier des quatre avions quittera la ville de Kent en Grande- Bretagne, lundi nuit, pour El-Fasher au Darfour-Nord.
L'avion transportera 34 tonnes d'eau et de matériel d'assainissement qui seront utilisées pour fournir de l'eau potable à plus de 200.
000 personnes déplacées au Darfour-Nord.
Mais l'organisation humanitaire prévient que la crise au Darfour va se poursuivre jusqu'en 2006 car la plupart des personnes déplacées ne se sentent pas encore suffisamment en sécurité pour rentrer chez elles et vont probablement rater la saison agricole de cette année.
   Pour Paul Smith-Lomas, le directeur régional d'Oxfam, la situation semble particulièrement mauvaise, d'autant que les prochaines récoltes n'auront pas lieu avant octobre 2006.
   "Plus de deux millions de personnes au Darfour sont presque totalement dépendantes de l'aide extérieure.
Les travailleurs humanitaires font tout leur possible pour aider, mais ce n'est tout simplement pas suffisant.
La fin des combats est une urgence afin que la population puisse commencer à reconstruire sa vie", a-t-il souligné.
Deux ans de conflit au Darfour ont causé des dizaines de milliers de décès dus à la violence, la faim et la maladie.
La vaste réponse de la communauté internationale à l'appel à l'aide humanitaire a déjà sauvé de nombreuses vies.
Mais elle est en deçà des besoins, constate l'organisation britannique.
La situation humanitaire à Kebkabiya, autrefois une petite ville qui a vu sa population tripler avec l'arrivée de 60.
000 personnes déplacées, s'aggrave.
L'eau est devenue une denrée si rare que les femmes doivent attendre dans la chaleur torride pendant près de six heures pour remplir un seau.
Dans le camp de Dalih, près de Tawila, 10.
000 personnes se battent pour tirer de l'eau des deux seules pompes manuelles qui fonctionnent, rapporte Oxfam.
Un autre avion chargé de matériel est destiné au Darfour-Sud, y compris au camp de Kalma qui a vu le nombre de ses pensionnaires passer à 150.
000 personnes ces derniers mois.
Oxfam indique qu'elle travaille avec les autorités locales pour installer des réservoirs d'eau et poser huit kilomètres de conduites d'eau afin de distribuer de l'eau potable à 25.
000 personnes qui doivent quitter le camp surpeuplé de Kalma pour un nouveau site sis à Al salaam.
Dans l'est du Tchad, le problème de l'eau empire de façon similaire.
Le camp d'Am Nabak (16.
000 personnes) doit être approvisionné en eau par des camions qui venant du village d'Iriba, situé à 40 km.
Cependant le niveau de l'eau est en baisse dans cette région aride, désertique, où les températures atteignent facilement 50 degrés centigrades.
D'après les normes internationales, il faut au minimum 15 litres d'eau par jour pour une personne en situation d'urgence pour boire, cuisiner et se laver, souligne le travailleur humanitaire.
   Mais ces derniers mois, le puits d'Iriba a été tellement sollicité qu'il ne peut que fournir cinq litres d'eau par personnes par jour à Am Nabak, soit le tiers des besoins de la population.
"Ce désert inhospitalier est devenu le refuge de 200.
000 personnes originaires du Darfour qui ont tout perdu.
Leur présence a modifié le fragile équilibre avec l'environnement et aujourd'hui la population locale est aussi affectée.
"Oxfam est en train de creuser un nouveau puits à 20 km d'Am Nabak.
Mais nous devons toujours trouver une solution plus durable", a expliqué Cedric Defida, travailleur humanitaire d'Oxfal au Tchad.

02 mai 2005 21:49:00




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