Accra, Ghana (PANA) - Pour la énième fois, des rumeurs sur la santé du président John Evans Atta Mills ont fait la une des médias au Ghana, certaines faisant même état de son décès.
Le président Mills se bat depuis 2008 contre des rumeurs sur son mauvais état de santé et sa mort, certains journaux affirmant qu'il souffre d'un cancer.
Il est allé en campagne et a gagné l'élection de 2008.
Aucune conférence de presse du président n'a lieu sans qu'une question soit posée sur son état de santé.
Il y a quelques mois, des rumeurs sur la gravité de sa maladie ont surgi après que les paumes de sa main sont apparues noires sur des photos.
Quand les rumeurs lui sont parvenues, il a expliqué publiquement que ses médecins lui ont dit qu'il réagissait à un médicament qu'il prenait.
Et encore une fois cette semaine, les médias sociaux ont annoncé la "mort" du président Mills, contraignant ce dernier à une fois de plus déclarer qu'il était en bonne santé alors qu'il s'envolait samedi aux Etats-Unis pour un "contrôle médical de routine".
"Je suis vivant, déclare le président en se rendant à son contrôle de routine" a titré lundi le quotidien gouvernemental Daily Graphic.
Selon l'article, le président Mills a quitté Accra samedi pour subir un contrôle médical de routine aux Etats-Unis sur recommandation de ses médecins.
Le président a dit à la presse "regardez-moi bien. Je ressemble à un mourant? Laissez-moi vous dire que dans six mois nous allons travailler très très dur (durant la campagne électorale).
Pour le journal Daily Guide proche de l'opposition, "Mills s'envole voir ses docteurs".
Il rappelle que le président Mills a personnellement annoncé samedi nuit qu'il se rendait à l'étranger pour un "contrôle médical" et pour "discuter de certaines choses" avec ses médecins aux Etats-Unis.
La nature exacte de la maladie qui pousse le président à se rendre en Amérique reste inconnue, puisqu'il a juste parlé de "choses" dont il doit discuter avec ses médecins.
Le Daily Guide rapporte que le président Mills, à cette conférence, "a demandé aux journalistes présents de dire s'il était mort et si un mort pouvait parler".
"J'ai entendu cela (sa mort) il y a quelque temps et je me suis dit "qu'est-ce qui se passe?" en réalité, ce n'est pas la première fois que j'entendais les gens le dire à mon sujet. Laissez moi vous dire que je suis très, très fort et je ne sais pas pourquoi on dit que je suis mort".
Le parti du président Mills, le National Democratic Congress (NDC) a exprimé sa surprise face aux informations faisant état de sa "mort" sur des sites de réseaux sociaux.
"Certaines personnes dans ce pays souhaitent la mort du président. Ce n'est pas la première fois et ce n'est pas correct pour notre démocratie que des gens souhaitent du mal à quelqu'un", a déclaré Ade Coker, président de la région du Grand Accra.
Le Daily Guide publie également un autre article sur un membre de l'opposition, Dr.Arthur Kennedy, intitulé "Mills doit dire la vérité sur son état de santé".
Dr. Kennedy estime qu"il y a trop de secret autour de l'état de santé du président" et a demandé à ce dernier de s'inspirer des Etats-Unis où les questions relatives à l'état de santé des dirigeants ne sont pas confidentielles.
"La santé de nos dirigeants est toujours gérée en secret", a-t-il déploré, ajoutant que "cette tendance n'est pas bonne et doit changer".
Le Livre blanc du gouvernement sur les recommandations de la Commission de révision de la Constitution (CRC) qui a collecté différents points de vue sur les défis auxquels se heurte la Constitution vieille de 20 ans, a également fait la une de la presse.
"Livre blanc du gouvernement sur la CRC - le président va payer des impôts" annonce en couverture le Graphic sur le sujet.
Le journal note que le gouvernement a accepté la recommandation de la commission sur le mandat du président qui doit être maintenu à quatre ans, ainsi que la recommandation du CRC selon laquelle, les présidents de la République doivent payer des impôts sur leurs salaires et émoluments.
Ce serait un exemple pour le reste de la population et témoignera aussi du principe d'égalité devant la loi et sera conforme à l'Etat de droit.
Le gouvernement a aussi approuvé la recommandation relative au plafonnement de la nomination des juges à la Cour Suprême.
La CRC a également recommandé que la période d'organisation des élections présidentielle et législatives doit coïncider et que les élections doivent se tenir au plus tard 60 jours avant l'investiture du président et du parlement.
Le journal Graphic constate que le rapport de la commission s'est penchée sur 100 questions de gouvernance de premier plan au Ghana après avoir reçu 83.161 suggestions.
-0- PANA MA/VAO/NFB/JSG/SOC 23juin2012