La résolution des conflits, principal problème de la CEDEAO

  Lagos- Nigeria (PANA) -- La décision de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) d'intervenir au Liberia en 1990, sans le consentement de tous ses membres, a changé la perception de l'organisation au sein et en dehors de la sous-région.
   Il a aussi redéfinit le rôle des 15 membres de l'organisation, mise sur pied en 1975 pour forger la coopération économique et politique dans cette sous-région de 230 millions d'habitants.
   Après des interventions couronnées de succès, au Sierra Leone, en Guinée-Bissau et en Côte d'Ivoire, la CEDEAO est plutôt connue à travers le monde pour son rôle de maintien de la paix que ses succès dans l'intégration économique.
C'était peut-être par anticipation sur son nouveau rôle que les présidents ouest-africains ont décidé, dans un Traité signé en juillet 1993, d'assigner officiellement à la Communauté la responsabilité de prévenir et résoudre les conflits.
Dans un récent entretien accordé à la PANA, le secrétaire exécutif de la CEDEAO, Mohammed Ibn Chambas, a tenté de justifier le rôle de maintien de la paix redéfini de l'organisation.
   "La vérité est que sans une base solide de stabilité, de paix et de sécurité, nos efforts (dans le cadre de l'intégration économique et la coopération économique) resteront vains", a t-il martelé.
   Mais des détracteurs ont tenté de faire le parallélisme entre le Traité de 1975 qui définit le rôle de la CEDEAO qui consiste à promouvoir le commerce, la coopération et l'autosuffisance en Afrique de l'Ouest, et le Traite révisé destiné à accélérer l'intégration économique et améliorer la coopération économique.
   "La CEDEAO est une communauté économique, et non un pacte militaire", a déclaré le ministre ghanéen Joseph Henry Mensah à l'occasion d'une réunion de l'organisation à Accra au mois de décembre dernier.
   "Le prix que nous payons pour la sécurité car étant la condition de base de tout développement économique ne devrait pas éclipser les avantages économiques en question".
   Cependant, les détracteurs conviendront avec nous que le rôle est devenu très important, au moment où la sous-région ouest africaine apparaît aux yeux de beaucoup de personnes comme un foyer d'agitation politique, économique et sociale, que les experts condamnent avec la prolifération des mouvements révolutionnaires et d'insurgés.
   Le niveau d'instabilité dans la sous-région est aujourd'hui tel que trois missions de maintien de la paix de l'ONU (Liberia, Sierra Léone et Côte d'Ivoire) sont simultanément présentes dans la zone.
   C'est dans ce contexte que, les leaders régionaux ont signé en 1999 le protocole de Mécanisme de Prévention des Conflits, la Gestion, la Résolution, le Maintien de la Paix et le Sécurité pour mettre un terme aux conflits internes et entre états et aussi maintenir et consolider la paix, la sécurité et la stabilité au sein de la communauté.
   Le mécanisme est une version améliorée du protocole relatif au Mutual Defense Assistance, signé par les présidents de la CEDEAO à Freetown, Sierra Léone en 1989.
   Ce protocole était invoqué par les partisans du déploiement en 1990 de la force militaire non permanente, ECOMOG (Groupe d'Observateurs Militaires de la CEDEAO) pour régler les problèmes d'insécurité qui ont suivi l'effondrement de la structure politique officielle de ce pays.
   Le nouveau protocole donne au Conseil de Sécurité et de Médiation la responsabilité de trancher les questions de paix de sécurité dans la sous-région.
Le conseil sera assisté par la Commission de Défense et de Sécurité, qui est composée des responsables de la défense et des membres qui ont en charge la sécurité interne dans les états membres, et le Conseil des Sages, formé par d'éminentes personnalités qui useront de leurs bons offices pour aider à résoudre les conflits dans la sous-région.
   Le protocole appuie aussi l'ECOMOG, dans son rôle de maintien de la paix, un système de prévention pour aider à anticiper et résoudre les conflits avant qu'il ne soit trop tard.
"C'est un cadre régional pour adresser ce que nous considérons comme une question récurrente et malheureuse de l'insécurité sous-régionale", a déclaré un membre de l'ECOMOG.
  "Ce protocole nous a donné les moyens légaux pour faire certaines chose que nous faisons depuis 1990 au Liberia," a déclaré le représentant, ajoutant par ailleurs : "Nous nous sommes rendus compte que certains des instruments dont nous disposons sont évidemment inadéquats pour faire face aux dynamismes de paix et de sécurité régionale".

18 يونيو 2004 22:47:00




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