La recherche à la traîne dans le financement du secteur agricole en Afrique

Washington D.C., Etats-Unis (PANA) - En Afrique au sud du Sahara, le vieillissement du vivier de chercheurs, aussi bien que la croissance limitée des investissements accordés à la recherche risquent de compromettre la qualité des résultats futurs de la recherche agricole, s’inquiète le rapport de synthèse 2017 et les données connexes rendu public ce mercredi  par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI).

Quoique des progrès aient été réalisés avec le respect des engagements pris dans le cadre du Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA/CAADP) à appuyer financièrement le secteur agricole, la croissance des investissements accordés à la recherche reste sensiblement à la traîne.

En revanche, de nombreux pays africains reflètent une tendance à privilégier d’autres postes budgétaires tels que les subventions agricoles et l’irrigation, au détriment de la recherche.

C’est ainsi qu’en 2014, la moitié des chercheurs agricoles titulaires d’un doctorat/PhD avaient passé le cap des 50 ans voire 60 ans, représentant plus de 70 % du vivier dans des pays tels que le Tchad, le Mali, la Namibie, la Sierra Leone et le Swaziland.

Aussi la nouvelle mesure de la capacité potentielle à investir dans la recherche révèle-t-elle l’existence d’un important écart entre ce que les pays investissent actuellement et ce que, d’une façon réaliste, ils pourraient investir.

« Il est clair que des investissements visant le long terme dans la recherche agricole résulteront une productivité accrue, une nutrition plus saine, des revenus plus élevés et, pour finir, une sécurité alimentaire plus répandue », a déclaré Nienke Beintema, chef du programme ASTI.

Or cela ne peut se faire sans l’engagement des parties prenantes dans chacun des pays concernés à assumer les coûts pour maintenir des effectifs adéquats de chercheurs et des infrastructures institutionnelles bien entretenues.

En d’autres termes, il s’agit, pour le Programme ASTI, d’établir des objectifs qui soient en rapport avec la structure des secteurs économique et agricole par pays concerné plutôt que d’imposer une cible unique et identique pour tous les pays d’Afrique, à l’instar de  l’objectif d’investissement fixé à 1 % par l’Union africaine et les Nations Unies.

Au regard de ces critères, il apparaît que des pays comme  le Ghana, le Kenya, Maurice, la Namibie, l’Ouganda et le Zimbabwe sont en passe d’atteindre des niveaux réalisables d’investissement dans la recherche agricole, tandis que d’autres, comme le Tchad, le Gabon, Madagascar, le Niger et le Togo, pourraient investir beaucoup plus.

Pour le Programme ASTI, il appartient aux décideurs nationaux de diversifier les sources dont sont tirés les financements de la recherche agricole afin d’éviter une trop lourde dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds, et accorder un appui financier et infrastructurel significatif aux institutions nationales de recherche agricole.

L’investissement dans le renforcement des capacités humaines devrait figurer au sein de ces priorités, y compris la formation, ainsi que la promotion de  l’équité en matière de statut et de rémunération des chercheurs du secteur public et des employés universitaires.
-0- PANA SSB/SOC 23août2017

23 août 2017 18:06:16




xhtml CSS