La question du pouvoir des femmes, au menu du colloque international de l'Auf

Dakar, Sénégal (PANA) – Le colloque international portant sur la question du pouvoir des femmes à travers le prisme de la formation universitaire, a débuté jeudi à Dakar, en présence du réseau des femmes universitaires francophones, du président de l'Agence universitaire de la Francophonie (Auf), M. Abdellatif Miraoui, et de plusieurs autres personnalités.

Placée sous le thème ''Femmes universitaires, Femmes de pouvoir'', cette rencontre internationale qui se tient en prélude du 15ème sommet de la Francophonie prévu les 29 et 30 novembre à Dakar, est organisée par l'Agence Universitaire de la Francophonie (Auf) en collaboration avec l'Etat du Sénégal.

La rencontre qui va durer deux jours, a été présidée par le Pr Mary Teuw Niane, ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche du Sénégal.

Elle permettra aux différents universitaires et participants issus de l'espace francophone de réfléchir sur deux axes essentiels, notamment un axe général et transversal touchant à tous les domaines insuffisamment investis par les femmes et les obstacles socio-culturels imposés empêchant leur accès au pouvoir, et un axe traitant de thèmes spécifiques où se croiseront formation universitaire et pouvoirs politiques, économiques ou autres.

Selon le ministre Mary T. Niane, il est difficile pour les femmes d'allier la responsabilité de la gestion quotidienne de la famille à la recherche et aux exigences liées à l'exercice de leurs responsabilités administratives et académiques.

''Ce défi crée un déséquilibre entre les hommes et les femmes dans la société et dans l'espace universitaire censés être des espaces de liberté, d'égalité des chances et de la justice'', a-t-il expliqué.

Pour relever ce défi, il a indiqué qu'une discrimination positive en faveur des femmes et en particulier des enseignantes-chercheures et étudiantes leur permettra d'avancer dans leur carrière académique.

''Cette méthode aidera nos nations, car un seul potentiel scientifique national renforcé permettra d'atteindre l'émergence économique et d'améliorer le bien-être des populations'', a-t-il ajouté.

Dans la même perspective, la secrétaire générale de l'Auf, Mme Nelly Fesseau, a indiqué que la question de l'évolution du rapport de pouvoir des femmes n'est pas spécifique à l'université, mais concerne la société dans sa globalité.

Par conséquent selon elle, on doit d'abord changer la société, c'est-à-dire prendre des lois qui favorisent l'égalité entre les hommes et les femmes pour faire évoluer l'égalité entre les deux sexes. ''C'est uniquement dans ce contexte large et paritaire que la question de la place des femmes au sein des universités pourrait être traitée'', a-t-elle souligné.

''On ne peut pas poser la question du rapport des femmes universitaires au pouvoir indépendamment de la question de leur vie personnelle. On doit d'abord faire carrière au sein de son foyer avec son mari et et ses enfants, avant de pouvoir aspirer en termes de reconnaissance sociale à une carrière universitaire'', a-t-elle ajouté.

Selon les organisateurs, le thème du colloque a été choisi par le réseau des femmes membres de l'Auf, qui ont décidé de créer un observatoire sur la situation des femmes universitaires au sein de leurs universités et des rapports qu'elles entretiennent avec le pouvoir.

L'idée est née lors de la 16ème Assemblée générale à Sao Paulo (Brésil) de l'Auf, où les femmes se sont rendues compte qu'elles étaient peu nombreuses dans la prise de postes de responsabilité et de pouvoir au sein des universités francophones.

A la fin de la rencontre, l'Auf, dont la marche vers la parité dans l'Enseignement supérieur est une des préoccupations majeures, portera un certain nombre de recommandations aux 77 chefs d'Etat de l'Organisation Internationale de la Francophonie (Oif) qui se réuniront à Dakar les 29 et 30 novembre.

" Nous allons demander aux 77 chefs d'Eat de s'engager sur un certain nombre de mesures que nous allons prendre à la fin de notre rencontre afin que des décisions concrètes soit prises en faveur des femmes et des jeunes francophones", projettent les participantes au colloque de l'Auf.

L'Auf, note-t-on, est une association mondiale d'universités francophones qui a pour objet de faire le lien entre les universités de langue française. Elle oeuvre depuis 50 ans et a vocation de former des professionnels et étudiants aptes à contribuer au développement de leurs pays.

Elle regroupe 800 établissements universitaires sur les cinq continents dans 100 pays dont 59 membres de l'Oif.

-0- PANA KAN/BEH/SOC   13 novembre 2014

13 novembre 2014 19:38:38




xhtml CSS