La question du jugement de Béchir met le sommet de l'UA dans l'impasse

Kampala- Ouganda (PANA) -- Les dirigeants africains ne sont pas tombés d'accord, mardi, sur un éventuel jugement en Afrique du président soudanais Omar el-Béchir, après le débat sur la coopération avec la Cour pénale internationale (CPI) au sujet du mandat d'arrêt contre le chef de l'Etat du Soudan, a indiqué à la PANA une source officielle au sommet de l'Union africaine (UA).
"La décision finale est que le statut quo demeure, cela signifie que l'Afrique ne va pas coopérer avec la CPI sur ce sujet mais ils sont tombés d'accord sur le fait que cette décision n'a pas été prise pour encourager l'impunité en Afrique", a poursuivi la source sous le sceau de l'anonymat.
Les dirigeants africains ont toutefois averti que les personnes qui seraient mêlées dans le futur à de graves violations des droits, notamment des crimes de guerre et des génocides, feraient face à la justice.
La source a déclaré que les décisions finales adoptées par le sommet de l'UA à Kampala ne reflétaient pas les discussions menées par les dirigeants sur le type d'action recherché.
Les discussions sur l'éventualité d'une arrestation du dirigeant soudanais en Afrique ont divisé les dirigeants africains, qui ont conseillé à la cour de justice basée à Arusha d'explorer sa capacité à entreprendre un procès pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité en Afrique, a mentionné la source.
"Ils ont exploré le processus pour la mise sur pied d'un procès du président el-Béchir en Afrique mais encore une fois, nous n'avons pas de mécanisme pour cela", a reconnu la source.
Les dirigeants ont également discuté de la requête pour l'ouverture d'un bureau de liaison de la CPI à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour aider à la coordination de son travail avec celui de l'Union africaine.
Ils ont repoussé la décision sur cette question à une date ultérieure.
Auparavant, le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, a affirmé que les ministres des Affaires étrangères ont discuté de la question du bureau de la CPI, notamment de la volonté de la cour de loger ce bureau à Addis-Abeba plutôt qu'en Europe.
La CPI ne dispose pas de bureau en dehors de son siège à La Haye, aux Pays- Bas.
"Le problème, c'est pourquoi ils ne sont intéressés que par l'ouverture d'un bureau en Afrique, pourquoi pas en Europe ou en Asie", a martelé M.
Ping lors d'un point de presse.

27 juillet 2010 17:07:00




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