La population d'Adré (Tchad) vit dans la peur des Djandjawid

N'Djamena- Tchad (PANA) -- La population d'Adré, localité tchadienne frontalière du Darfour soudanais, vit depuis quelques semaines dans la peur des attaques des miliciens Djandjawid qui opèrent dans la région, apprend-on à N'Djamena de sources concordantes.
"Les Djandjawid créent la psychose: Alerte maximale à l'Est", rapporte notamment cette semaine le quotidien tchadien Le Progrès, indiquant que la population d'Adré est traumatisée par des exactions attribuées à cette milice populaire soudanaise qui opère en plein territoire tchadien.
La ville d'Adré est la plus touchée, et l'armée tchadienne est en alerte maximale depuis quelques semaines, révèle une autre source, qui note au passage qu'à partir de 19 heures, tous les habitants se terrent chez eux, laissant les rues désertes.
Un responsable de la sécurité tchadienne a indiqué qu'une personne a été tuée le 29 novembre dernier par cette milice à quelques mètres de la frontière, non loin de la résidence du préfet d'Assongha.
Le Progrès, citant un officier, relève la complicité existant entre les miliciens Djandjawid et la police frontalière du Soudan, qui interdit aux éléments tchadiens le droit de poursuite en territoire soudanais.
Une cinquantaine d'hommes en armes ayant poursuivi ces Djandjawid venus commettre des exactions en territoire tchadien auraient été tués suite à une embuscade, et les corps se trouveraient encore en territoire soudanais.
Cette information, qui n'a été ni confirmée ni infirmée officiellement, alimente depuis quelques jours les conversations dans la ville d'Adré et trouble la quiétude des habitants des localités frontalières avec le Soudan.
Citant d'autres sources anonymes, Le Progrès ajoute que cette embuscade aurait été tendue en territoire soudanais, dans la zone frontalière avec la sous-préfecture d'Adré, à 75 kilomètres à l'est de Goz-Béïda.
Le journal se fait en outre l'écho de rumeurs faisant état de la présence de blessés qui se feraient soigner discrètement à Adré de peur d'être appréhendés par les forces de l'ordre tchadiennes.
D'autres témoignages soutiennent que des affrontements ont bel et bien eu lieu le 21 novembre dernier à Adré, mais ils auraient été dirigées non pas vers des communautés tchadiennes, mais contre des populations soudanaises.
"Toutefois, ils peuvent porter un coup sérieux aux relations entre les autorités tchadiennes et soudanaises, malmenées par les incursions répétées des Djandjawid en territoire tchadien", souligne le quotidien pro-gouvernemental.
Le Progrès signale que quelques jours seulement après avoir convoqué le consul général du Soudan à Abéché pour protester contre le comportement des Djandjawid, le gouverneur de la région du Ouaddaï (Tchad), Haroun Saleh, s'est rendu personnellement dans les localités concernées pour rencontrer les différentes autorités et discuter de la question, le 29 novembre dernier.
La situation dans l'Est du Tchad prend ainsi de l'ampleur et risque d'exploser si elle n'est pas résolue à temps, estiment les observateurs.

19 décembre 2003 08:54:00




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