La police et les vendeurs ambulants s'affrontent à Lilongwe

Blantyre, Malawi (PANA) - La police a tiré des gaz lacrymogènes lundi pour disperser les vendeurs ambulants dans la capitale du Malawi, Lilongwe, à la suite des troubles qui ont éclaté à nouveau lorsque les autorités ont chassé les commerçants informels des rues.

Le porte-parole de la police de Lilongwe, Kingsley Dandaula, a affirmé à la PANA que des échauffourées  ont éclaté  tôt le matin, à l'expiration du délai que le conseil municipal de Lilongwe  a donné aux vendeurs pour qu'ils quittent les rues et qu'ils s'installent dans le marché aux puces prévu à cet effet.

"Les vendeurs, les autorités de la ville et nous (la police) avons convenu que tous les vendeurs doivent quitter les rues à partir d'aujourd'hui (lundi 06 février ) mais certains vendeurs manifestaient  encore de la résistance", a-t-il affirmé.

La plupart des bureaux, des banques et des magasins ont immédiatement fermé dès que les affrontements ont commencé, par crainte de pillages qui suivent habituellement les manifestations. Dandaula a affirmé que des officiers de police armés ont été stratégiquement postés aux coins des rues pour gérer tout problème éventuel.

"Nous sommes en train de patrouiller dans les rues, nous contrôlons la situation actuelle, aucun magasin et aucun bureau n'a été pillé, les gens peuvent maintenant se déplacer librement dans les rues", a-t-il affirmé.

Malgré l'assurance de la police, la tension était encore  vive  dans la ville, les vendeurs jouant à cache-cache avec la police, jetant des pierres aux policiers à la moindre occasion.

Des témoins oculaires ont déclaré que les vendeurs ont commencé à se battre contre les  policiers quand ceux-ci ont rasé leurs étals de fortune et ont confisqué leurs marchandises.  Des pneus enflammés ont été jetés en travers de certaines routes, tandis que certains  vendeurs ont manifesté  leur colère en s'en prenant à des magasins et à des véhicules privés.

Confirmant ces informations, Dandaula a déclaré: "Un certain nombre de véhicules et de magasins ont été attaqués mais nous ne savons pas encore combien".

Il a affirmé que 42 suspects étaient en garde à vue à la police et les arrestations étaient en cours.

Les autorités de la ville ont donné aux vendeurs un délai de deux semaines pour débarrasser les rues; certains vendeurs ont dévêtu des femmes qui portaient des pantalons et des mini-jupes. Le président de l'Association des vendeurs, Steve Malunga, a présenté ses excuses aux femmes au nom des vendeurs, tout en affirmant que ceux qui ont dévêtu ces femmes n'étaient pas de véritables vendeurs de rue, mais de jeunes badauds.

"Tous les vendeurs se déplaceront vers les marchés aux puces le lundi 6 février et seront dotés de cartes d'identité appropriées", a déclaré M. Malunga lors d'une conférence de presse aux côtés de la police et des autorités municipales.

Mais certains vendeurs qui sont restés dans les rues ont rejeté la position de Malunga, la qualifiant de membre du Parti démocratique progressiste (DPP) au pouvoir.

"Il n'est pas notre président, mais un fonctionnaire du DPP", a déclaré un vendeur du nom de  Steve. "Il n'y a pas assez d'espace dans les marchés aux puces pour  nous accueillir tous", a-t-il ajouté.

Les villes du Malawi sont aux prises avec la menace que constituent les vendeurs ambulants depuis l'aube du multipartisme en 1994. La vente dans les rues est considérée comme responsable de l'insalubrité de la plupart des rues et de l'augmentation du nombre de malfaiteurs.

Le phénomène avait pris une telle ampleur qu'à son arrivée au pouvoir en 2004, le président Bingu Wa Mutharika avait promis de débarrasser les rues des vendeurs ambulants, mais à chaque fois qu'il a lancé la police contre eux, celle-ci a rencontré une vive résistance.

-0- PANA RT/VAO/AKA/TBM/SOC    06février2012


06 février 2012 19:02:08




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