La piraterie met en péril la musique camerounaise

Yaoundé- Cameroun (PANA) -- La "Cameroon music corporation" (CMC) a tiré ce week-end, la sonnette d'alarme sur la situation inquiétante de la musique camerounaise, expliquant que 70% des oeuvres musicales du pays font l’objet de contrefaçon.
"La piraterie des oeuvres musicales a plongé les musiciens dans un état de précarité qui fait d’eux des mendiants qui ne vivent qu’au dépens des tiers", a notamment souligné le président du conseil d’administration de la CMC, Sam Bendé.
Le phénomène est aggravé par l’avènement des nouvelles technologies qui donne la possibilité de télécharger les musiques et de les enregistrer dans les Compact disques (CD) sans trop de difficultés pour ensuite les brader.
Sam Mbendé, lui-même musicien, déplore notamment que le musicien qui est l’auteur de l’oeuvre ne bénéfice pas des fruits de son travail, aucun droit ne lui étant reversé, ses cassettes et CD étant vendus au vu et au su de tous sans timbre.
Toutefois, une convention signée en 1993 avec la Cameroon radio television (CRTV) stipule que cette dernière devait reverser chaque année 350 millions de FCFA au titre des droits d’auteurs aux artistes.
Mais depuis, la CRTV n’a reversé que 50 millions de FCFA en 2004, 100 millions de FCFA en 2005 et près de 119 millions de FCFA pour l’année 2006, selon Sam Mbendé.
"Depuis le début de l’année en cours, la CMC a reversé aux musiciens camerounais au titre de leurs droits près de 160 millions de FCFA, ce qui est très insignifiant comparé au volume de ventes que font les contrefacteurs", a-t-il indiqué.
"Les contrefacteurs des oeuvres musicales sont connus du gouvernement, mais on les laisse faire cette sale besogne dans l’impunité, parce qu’ils se recrutent parmi les grandes personnalités du pays", accuse le président de la CMC.
Selon lui, la lutte contre la piraterie devrait dépasser le cadre légal actuel.
Il a invité les Camerounais à dénoncer les pirates auprès de la CMC, qui paie chaque année près de 20 millions de FCFA aux forces de l’ordre qui les accompagnent dans les opérations de saisies des supports audio-visuels piratés.
La musicienne Bebey Manga estime pour sa part qu’au lieu de se limiter à la seule CRTV, toutes les entreprises audio-visuelles qui exploitent largement les oeuvres musicales devraient reverser les droits à la CMC pour permettre aux artistes de jouir du fruit de leur travail.
Pour elle, les taux que les radios et télévisons reversent la CMC au titre des droits d’auteurs doivent être revus à la hausse, compte tenu de la cherté du coût de la vie dans le pays.
Par ailleurs, Sam Bendé a annoncé l’admission de la CMC à la Confédération internationale des sociétés d’auteurs compositeurs (CISAC) en juin dernier.
Cette adhésion va, selon lui, favoriser la synergie entre la CMC et les 217 sociétés membres de la CISAC, promouvoir l’accélération des réformes structurelles pour améliorer la gestion des perceptions des droits d’auteurs et faciliter la formation, ainsi que le recyclage des cadres de la CMC aux règles et gestion collectives afin de garantir aux musiciens de bonnes conditions de vie.

03 Julho 2006 18:16:00




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