La participation des artistes à la CIAD II a été un "grand succès"

Dakar- Sénégal (PANA) -- L'artiste-peintre et galeriste sénégalais Kalidou Kassé estime que la participation des artistes africains à la deuxième Conférence d'intellectuels de l'Afrique et de la diaspora (CIAD II), tenue du 11 au 14 juillet dernier à Salvador, capitale de l'Etat brésilien de Bahia (nord-est), a eu un grand succès.
Dans un entretien avec la Pana à son retour du Brésil, M.
Kassé, qui juge "particulièrement positif" le bilan de la participation des artistes sénégalais à cette rencontre, salue l'association des talents du continent à cette conférence qui s'est penchée sur la problématique de la Renaissance africaine.
"L'exposition des artistes a été une très grande réussite par rapport surtout à la présentation des oeuvres, mais aussi par rapport à la présence dans les ateliers d'une forte délégation sénégalaise conduite par le ministre de la Culture (Mame Birame Diouf), qui a profité de l'occasion pour faire une véritable promotion du talent des artistes sénégalais", ajoute-t-il.
Selon Kalidou Kassé, par ailleurs président de la section sénégalaise de l'Association internationale des arts plastiques (AIAP) et aussi délégué auprès de l'Unesco, la participation des artistes africains a été une découverte pour les Brésiliens, venus en masse pour suivre les expositions des différentes oeuvres.
"Les Brésiliens ne voulaient même plus partir.
Ils s'intéressent tellement aux oeuvres d'art du continent qu'ils ont posé tellement de questions, notamment sur le Sénégal.
C'était extraordinaire, je me suis rendu compte que c'était une forme de visibilité très importante pour les artistes plasticiens", dit encore l'artiste.
Au sujet du thème de la conférence (la Renaissance africaine), Kalidou Kassé estime que "les artistes apportent énormément de choses dans le sursaut de l'Afrique" et qu'il reste seulement à mesurer des moyens pour forger encore plus la détermination de ce segment.
"Les artistes oeuvrent de façon perpétuelle à la renaissance du continent.
Ce qui est important à déterminer, c'est leur niveau d'engagement dans la résolution des problèmes en Afrique parce que nous en avons beaucoup.
Aujourd'hui pour résorber le gap numérique, par exemple, il faut que les artistes se lèvent et cultivent leur part dans ce combat-là.
Pour résoudre le problème de la pauvreté et de la maladie en Afrique, les artistes doivent être présents", souligne-t-il.
Sur la participation globale des intellectuels du continent à la conférence du Brésil, M.
Kassé affirme que ces derniers ont pris part aux travaux avec beaucoup de détermination "parce qu'ils se sentaient chez eux".
"Les manifestations étaient de haute portée, les gens ont débattu sur beaucoup de problèmes qui concernent aujourd'hui l'Afrique, et aujourd'hui c'est aux Africains de se battre pour un développement du continent", poursuit-il.
"Cela veut dire qu'on doit aller forcément vers les Etats-Unis d'Afrique.
On en parle depuis, mais il faut qu'on reprenne conscience de cela et qu'on le mette en oeuvre parce que sans les Etats-Unis d'Afrique, nous ne pourrons pas avancer.
Nous avons beaucoup de problèmes à résoudre.
Nous n'avons pas les moyens certes, mais nous pouvons nous appuyer sur notre culture pour développer les industries nécessaires au décollage", conclut l'artiste peintre sénégalais.

21 juillet 2006 19:56:00




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