La moitié de la population en Centrafrique a besoin d'assistance, selon le CICR

Abidjan, Côte d'Ivoire (PANA) - Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a tiré la sonnette d'alarme sur la dégradation rapide de la situation humanitaire en République centrafricaine dont la conséquence est que la moitié de la population a besoin d’assistance.

Dans un communiqué transmis à la PANA, le CICR indique que l’escalade de la violence a forcé une personne sur cinq à fuir son foyer, ce qui représente le niveau de déplacement le plus élevé depuis que la crise a éclaté en 2013.

Le nord-ouest et le sud‑est du pays sont actuellement les plus durement touchés.

"La tragédie humanitaire qui se joue en République centrafricaine est l’une des plus oubliées dans le monde. Cette semaine, j’ai rencontré des personnes qui ont dû tout laisser derrière elles pour survivre. Beaucoup ont dormi dans la brousse pendant des semaines et des mois, pratiquement sans abri, nourriture ou eau potable", note le président du CICR, Peter Maurer, depuis la capitale, Bangui.

Il ajoute que "même si les besoins humanitaires sont énormes, cette crise est cruellement sous-financée et le CICR et les autres organisations ont le plus grand mal à garantir que les victimes aient accès aux services vitaux". 

La population n’a pas seulement besoin d’un abri, de nourriture, d’eau potable et d’articles ménagers ; elle doit également pouvoir se sentir en sécurité dans un environnement très instable où la violence sexuelle est monnaie courante.

La République centrafricaine est le pays qui connaît le plus grand nombre d’incidents touchant des travailleurs humanitaires et des personnels de santé dans le monde, ce qui nuit fortement à la fourniture des services essentiels.

En 2017, 13 collaborateurs de la Croix‑Rouge ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions.

"Ce qui se passe actuellement en République centrafricaine ne doit en aucun cas être ignoré ou oublié. J’adresse un appel urgent à la communauté internationale pour qu’elle porte toute son attention sur ce pays et s’engage à faire davantage en faveur des personnes qui souffrent des effets de la violence. Au-delà d’un renforcement de l’aide humanitaire, nous avons besoin d’organisations qui, par leur pouvoir d’influence et leurs idées créatives, puissent contribuer à poser les bases durables d’une vie meilleure pour la population", plaide M. Maurer.

Au cours de sa visite de quatre jours, M. Maurer a rencontré le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, et s’est entretenu avec des ministres, des travailleurs humanitaires et des membres du corps diplomatique.

"J’ai été frappé par l’incroyable résilience de la population. Même dans les circonstances les plus difficiles, j’ai constaté un esprit d’entreprise porteur d’espoir et prometteur. Je me souviendrai de ma rencontre avec Marie, à Bambari, qui a fondé une association de femmes et qui, si les conditions de sécurité le permettaient, pourrait produire davantage et développer son commerce. Marie et beaucoup d’autres personnes comme elle ont besoin de notre soutien pour reprendre une vie normale et être autonomes à nouveau", conclut M. Maurer.
-0- PANA BAL/JSG/SOC 17jan2018

17 Janeiro 2018 09:01:58




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