La méfiance envers le gouvernement libérien a contribué à la propagation d'Ebola, selon une étude d'International Alert

Monrovia, Liberia (PANA) - Face aux informations faisant état d'une possible résurgence de l'épidémie d'Ebola au Liberia, une nouvelle étude réalisée par l'ONG International Alert met en lumière la nécessité d'améliorer la confiance entre la population libérienne et son gouvernement.

L'étude évalue la perception que la population a par rapport à la réponse des gouvernants à l'épidémie d'Ebola au Liberia et montre que la plupart des gens jugent la réponse lente et inefficace.

Selon son auteur, le journaliste Ashoka Mukpo, "ce que cette étude a révélé, c'est que la relation médiocre entre l'Etat et ses citoyens au Liberia  a contribué à la sévérité de l'épidémie l'année dernière. Beaucoup de gens sont méfiants envers les institutions officielles et même se sentent menacés par elles".

Durant la crise d'Ebola, l'incapacité du gouvernement à gagner la confiance et le soutien larges de ses citoyens a contribué à la sévérité de la crise, en offrant un terreau fertile pour le déni, le scepticisme et l'absence de coopération de la part des populations.

Pour M. Mukpo, qui a lui-même contracté le virus alors qu'il faisait un reportage sur l'épidémie à Monrovia en 2014, "dans les premiers jours, quand Ebola pouvait être contenu, beaucoup de gens ont refusé d'écouter les avertissements du gouvernement. Cela suscite des inquiétudes sur l'efficacité du processus de maintien de paix et de développement".

Toutefois, l'étude magnifie les initiatives locales menées par les communautés libériennes, qui ont joué un rôle essentiel pour empêcher l'émergence d'un pire scénario. Les communautés ont elles-mêmes divulgué des messages et sensibilisé sur la prévention, ce qui a aidé à réduire la progression de la maladie.

Selon Michael Doe, directeur Pays pour International Alert, "les mesures les plus efficaces prises durant la crise d'Ebola ont impliqué les membres des différentes communautés. Les communautés locales doivent être impliquées dès le début pour toutes réponses futures".

Douze ans après la fin d'une guerre civile atroce, le Liberia commence à émerger de sa phase post-conflit. Le gouvernement a mis en oeuvre un certain nombre de réformes, allant des droits humains, aux investissements étrangers et aux infrastructures.

Toutefois, beaucoup de gens se plaignent de la subsistance de la corruption et de l'élitisme, un héritage datant d'avant l'éclatement de la guerre.

International Alert estime que la méfiance démontrée durant la crise montre que des plaies ne sont pas encore refermées dans la société libérienne et cela pourrait être une menace à la paix durable dans le pays.

L'étude, basée sur des données collectées grâce à des recherches documentaires et sur le terrain dans les régions les plus affectées du Liberia en mai et juin de cette année, recommande que les leçons tirées de l'épidémie soient soigneusement examinées et discutées ouvertement par le gouvernement, la Société civile et les communautés.  

Une attention particulière doit être accordée aux questions sociales ayant permis à l'épidémie de ne pas être décelée et ayant retardé la réponse des autorités de santé.

L'épidémie d'Ebola a tué 4.808 personnes au Liberia, un des trois pays déclarés exempts d'Ebola, mais qui a connu de nouveaux cas récemment.
-0- PANA SEG/NFB/JSG/IBA 28juil2015

28 juillet 2015 11:36:23




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