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La lutte contre le terrorisme, un " test décisif " sur les plus grands défis de notre temps

New York, États-Unis (PANA) - La situation dans la région du bassin du lac Tchad en Afrique reste très volatile, a déclaré vendredi, le chef des Opérations de maintien de la paix de l'ONU au Conseil de sécurité, soulignant que la vague croissante de violence extrémiste constitue une force paralysante permanente.

Des vies sont perdues chaque jour dans des attaques terroristes, des millions de personnes sont déplacées et les soins de santé restent inaccessibles - alors même que la pandémie de COVID-19 continue de faire rage. 

"La lutte contre le terrorisme est l'un des plus grands défis de notre temps, et la manière dont la communauté internationale répond aux attaques sur ses causes profondes représente un test décisif", a déclaré le secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix.

Soulignant les efforts déployés pour repousser les menaces terroristes, il a cité comme une réalisation importante, la formation de la Force conjointe du Groupe des cinq (G5) pays du Sahel - comprenant le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie et le Niger. 

Selon un communiqué de l'ONU, depuis son déploiement en 2017, la Force a de plus en plus démontré sa capacité à répondre aux attaques contre les civils.

Cependant, M. Laxroix a souligné qu'elle se trouve désormais à la croisée des chemins, nécessitant un financement plus prévisible pour faire face à une série de défis - notamment le terrorisme, la faiblesse de la sécurité aux frontières et le trafic de personnes, de drogues et d'armes - qui ont tous un impact plus sévère sur les femmes.

Face à l'omniprésence des violations des droits et de la violence extrémiste, les organisations de femmes ripostent en proposant des solutions fondées sur le dialogue et l'autonomisation, selon Fatimata Ouilma Sinare, présidente de la section burkinabé du Réseau pour la paix et la sécurité des femmes de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Elle a décrit une crise sécuritaire de grande ampleur qui touche de manière disproportionnée les femmes de la région et a appelé à un soutien de la communauté internationale.

La déclaration note que les régions du bassin du lac Tchad et du Sahel ont connu une montée en flèche de la violence terroriste ces dernières années, y compris des attaques dévastatrices contre des civils. 

Les femmes de ces régions souffrent également de taux élevés de pratiques néfastes, telles que les mariages précoces et forcés, les mutilations génitales féminines et le recrutement croissant par des groupes armés.

En outre, Mme Sinare a informé le Conseil de l'existence d'un grand nombre de rapports faisant état d'abus sexuels et de viols, ainsi que d'une grave sous-représentation des femmes dans les rôles décisionnels qui pourraient contribuer à améliorer les résultats des politiques.

Pour répondre à ces graves préoccupations, une série de groupes de femmes de la région proposent des solutions visant à combattre l'extrémisme violent et les multiples formes de violence au niveau communautaire. 

Toutefois, Mme Sinare a souligné que les organisations civiles de base essentielles restent gravement sous-financées et ont besoin d'un soutien technique et financier pour avoir un impact à long terme.

D'autres recommandations notent que les efforts régionaux et internationaux devraient se concentrer sur l'encouragement du dialogue entre les groupes armés et les autorités étatiques et régionales afin d'endiguer la violence incessante. 

Un soutien est également nécessaire pour améliorer la qualité des services de santé et d'éducation et soutenir les activités de prévention des conflits.

-0- PANA MA/BAI/JSG/SOC 13nov2021