La justice malienne saisie d'une centaine de cas de viol et autres formes de violence sur les femmes au Mali

Bamako, Mali (PANA) - Six associations des droits de l’homme viennent de réaffirmer, à l’occasion de la célébration jeudi de la journée internationale des droits de l’homme, leur volonté de faire triompher la justice en faveur des femmes aau nord du Mali victimes d’exactions lors de l’occupation de cette partie du pays par des groupes terroristes armés de 2012 à 2013, a appris lundi la PANA auprès du ministère malien de la Promotion de la Famille, de la Femme et de l’Enfant.

Elles ont saisi le tribunal de première instance de la commune III du district de Bamako d’une centaine de dossiers sur des cas de viol et d’autres formes de violence sexuelle commis de novembre 2014 à février 2015 par les groupes terroristes armés lors de l’occupation du Nord-Mali par des jihadistes.

Les occupants se sont rendus coupables de pires exactions sur les populations des régions de Gao, Tombouctou et Kidal, notamment les femmes qui ont été violées, battues, emprisonnées et même tuées, alors que d’autres ont été victimes de mariage forcé avec des éléments des groupes terroristes armés.

« Plusieurs femmes ont perdu leur dignité d’épouse ou de mère. Les témoins se souviennent encore du cri strident de cette femme lapidée à mort à Aguelhok en 2012 », souligne la même source.

Selon une étude collective d’organismes internationaux sur la situation des violences basées sur le genre et intitulée « Justice et réparation pour les femmes au Nord-Mali », sur 51 cas de viol détectés avec toutes les conséquences sanitaires et psychologiques endurées par les survivantes,  près de la moitié des victimes, soit 46%, ont été agressées dans un endroit public.

Dans dix cas de viol collectif, la violence a été perpétrée par un groupe de quatre hommes. L’enquête révèle également que quatre des victimes avaient entre 11 et 15 ans et plus de 50% avaient entre 16 et 25 ans. En outre, plusieurs femmes âgées de plus de 46 ans ont également été victimes de viol. La violence sur les femmes était parfois accompagnée d’enlèvement et de séquestration. Les cas de viol individuel subi par une mère et une fille simultanément ont été relatés dans le document.

D’après le président du collectif « Cri de Cœur », Almahady Cissé, le début des auditions interviendra bientôt, avant d’indiquer que l’insécurité qui prévaut au Nord-Mali ne facilitera pas le travail des juges qui doivent se rendre sur le terrain pour les auditions. Les associations  des droits de l’homme ont réclamé que soit assurée la protection des témoins.
- 0 - PANA GT/BEH/SOC 14déc2015

14 décembre 2015 14:17:18




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