La facilitation Est-africaine favorable à une amnistie pour les putschistes de mai 2015 au Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - Le président de l’Assemblée nationale, Pascal Nyabenda, a révélé samedi, l’existence d’une lettre du facilitateur Est-africain et ancien chef de l’Etat tanzanien, Benjamin William M’Kapa, au président burundais, Pierre Nkurunziza, lui demandant d’amnistier 34 opposants en exil, poursuivis pour leur rôle présumé actif dans la tentative de putsch manqué de mai 2015, en vue de favoriser une solution négociée à la crise politique de bientôt deux ans au Burundi.

M. Nyabenda intervenait dans un meeting avec la population de sa province natale de Bubanza, au nord-ouest du Burundi, a rapporté la radio publique.

Aux yeux du président de l’Assemblée nationale, la demande du facilitateur Est-africain est toutefois «irrecevable», car constituant un «piège» pour le chef de l’Etat burundais.

Le président n’a pas les prérogatives de décréter une amnistie, «sans passer par un référendum populaire», ou alors «par les représentants du peuple», a-t-il expliqué.

Nommé en mars 2016, le facilitateur Est-africain cherche toujours ses marques et n’a réussi à ce jour que quelques contacts séparés avec les différents protagonistes de la crise burundaise, encore opposés sur des questions de forme.

La liste des acteurs politiques de l’opposition éligibles à la table des pourparlers inter-burundais de paix n’a toujours pas réuni le consensus nécessaire.

Le pouvoir burundais refuse de discuter directement avec ses principaux opposants en exil sur lesquels pèsent des mandats d’arrêt internationaux, estimant que leur place est plutôt devant la justice.

Le Conseil national pour la défense de l’Etat de droit et l’Accord d’août 2000, à Arusha, en Tanzanie, sur la paix et la réconciliation (Cnared, principal plate-forme de l’opposition á l'intérieur et en exil), de son côté, se disant «incontournable» pour sortir le pays de la crise.

C’est après avoir longtemps hésité que le facilitateur a fini par céder aux fortes pressions de la communauté internationale pour s’intéresser aux opposants politiques qui comptent au Burundi, dit-on dans les milieux diplomatiques à Bujumbura.

Ce changement de cap risque néanmoins de retarder l’échéance du mois de juin prochain que le facilitateur s’était donnée pour clôturer les pourparlers inter-burundais par un accord global de sortie de crise, passant notamment par la mise en place d’un gouvernement d’union nationale chargé de préparer les futures élections générales de 2020.
-0- PANA FB/IS/SOC 08avr2017

08 avril 2017 14:22:14




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