La diaspora comorienne égrène les contraintes à sa participation

Moroni- Comores (PANA) -- Les transferts monétaires de la diaspora comorienne sont gênés par l'inexistence d'une compagnie aérienne pour le transport des émigrés, par la non représentation de la diaspora dans les instances nationales et par l'indisponibilité de l'électricité rendant aléatoire tout projet de petites entreprises, a affirmé un représentant de la diaspora comorienne à l'ouverture d'un atelier national sur la diaspora, mardi à Moroni.
Il n'est pas acceptable, selon lui, que "le premier bailleur de fonds" du pays ne puisse pas dire son mot sur les grands choix de développement.
Selon une étude réalisée avec la Banque mondiale et qui sert de repère à la réflexion en cours, "les transferts de la diaspora constituent un facteur crucial dans l'économie des Comores.
Ils stabilisent la monnaie comorienne et permettent des importations vers un pays ou quasiment rien n'est fabriqué sur place".
"La diaspora de la Grande Comore allège la pauvreté et a financé une importante partie de l'équipement et de l'infrastructure de l'île, se substituant à un Etat défaillant", indique encore cette étude.
Ouvrant les travaux au palais du peuple de Hamramaba, le ministre comorien des Relations extérieures, Souef Mohamed El-Amine, a annoncé que cet atelier prépare les assises nationales sur la diaspora prévues en 2004.
Le commissariat au plan, organisateur de cet atelier, s'attend à ce que cette rencontre permette "d'ouvrir un dialogue direct entre le gouvernement et la diaspora et aussi aux différentes factions de la Diaspora de se rencontrer".
Les Comoriens de l'étranger transfèrent dans leur pays près de 22 milliards de francs comoriens par an.
Cette masse monétaire "sert rarement à financer des activités productives".
Elle "encourage la consommation et les importations, accélère l'inflation et décourage le travail", selon toujours l'étude de la Banque mondiale.
Cet argent arrive par des canaux informels en l'absence de service bancaire adapté.
Le volume des transferts ira en s'amenuisant, au fil des prochaines années, parce que la deuxième et troisième génération d'émigrés ne semblent pas avoir les mêmes obligations de solidarité envers leurs familles aux Comores que la première.
En outre, le principal pays d'accueil, la France, ferme de plus en plus ses frontières à cette émigration comorienne.
C'est pourquoi, les auteurs du rapport, suggèrent aux Comoriens, s'ils veulent "continuer de bénéficier de transferts de la diaspora (.
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) à explorer de nouvelles terres d'accueil pour compenser la fermeture du marché français du travail, et en même temps de cultiver les liens culturels avec la deuxième et les futures générations d'immigrés en France".

02 septembre 2003 23:06:00




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