La défaillance de la Brigade des mineurs dénoncée

Abidjan- Côte-d'Ivoire (PANA) -- La Brigade des mineurs de Cote d'Ivoire, structure d'accueil des enfants interpellés dans les Commissariats de police du pays, ne joue plus son rôle depuis bientôt trois années, a-t-on appris auprès du Bureau international catholique de l'Enfance (BICE).
"Dans les postes de police, il n y a plus de procédures spéciales pour les enfants.
Leur garde à vue est prolongée largement au-dessus des 48 heures réglementaires, des violences sont exercées sur eux par des policiers et des adultes avec qui ils partagent les mêmes cellules".
"Pire, des enfants sont déférés directement au parquet sans passer par la Brigade des mineurs", a indiqué M.
Maïga Allou, chargé des enfants privés de liberté au BICE, lors d'une conférence publique sur la "Justice des mineurs en Côte-'Ivoire".
Il en résulte aujourd'hui poursuit la même source, que les juges d'instruction n'arrivent plus à faire le tri entre les mineurs et les adultes déférés devant eux.
Un travail qui aurait dû être facilité par les enquêtes préliminaires de la Brigade des mineurs d'où ils devaient transiter avant d'atterrir ou pas au parquet.
La situation est d'autant plus alarmante que 123 enfants croupissent à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA) et que 5 pour cent seulement des cas d'enfants inculpés sont réglés par la Brigade des mineurs.
Or dans le cas des enfants, les juridictions prévoient que la détention est un cas exceptionnel.
Pour Mme Nahounou Liadé, Directrice de la jeunesse et de l'enfance au ministère Ivoirien de la Justice et par ailleurs ancien juge des enfants, "les enquêtes ne sont pas bien menées au niveau des commissariats et les enfants ne prouvent pas leur âge par des actes de naissance pas plus qu'ils n'indiquent convenablement le domicile de leurs parents de peur que ceux-ci ne sachent qu'ils ont été arrêtés".
La situation est d'autant plus complexe que ce travail était confié aux assistants sociaux de la Brigade des mineurs.
Mais ces derniers ont été supprimés de ce service depuis 1998 où 3 pour cent des enfants inculpés ont été placés sous mandat de dépôt et 97 pour cent sortis du cadre judiciaire et pénitentiaire.
Autre violation des droits des enfants dénoncés en Cote d'Ivoire, le cas des enfants fraudeurs d'autobus.
Ceux-ci sont directement incarcérés au commissariat central d'Abidjan et quelquefois, déférés au parquet.
De 1998 à 2000, sur 1135 enfants inculpés, il y a eu 127 cas de fraude de bus dont 98 cas d'élèves pris sur le chemin de l'école.
Enfin, sur les 33 prisons que compte la Côte-d'Ivoire, seules Abidjan, Bouaké, la deuxième ville et Man à l'ouest du pays, possèdent des cellules pour mineurs.

29 Junho 2001 17:06:00




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