La découverte de 36 corps abandonnés sur une route dans l'Est libyen et l'attaque de Daech contre un poste de sécurité à la Une des journaux

Tripoli, Libye (PANA) - Les journaux libyens ont accordé une large couverture à ce qui est devenue "une affaire nationale" relative à la découvert de 36 corps abandonnés sur une route près de la ville d'al-Abbiar (est) dans ce qui semble être des exécutions extrajudiciaires, une découverte qui survient juste après une attaque meurtrière menée par Daech contre un poste de sécurité militaire près d'Ajdabia également à l'Est du pays au moment où l'émissaire de l'Onu, Ghassan Salamé, effectuait une visite à Tripoli pour promouvoir son Plan d'action pour une solution de la crise en Libye.

Le journal al-Wassat a révélé la découverte jeudi de 36 corps non identifiés abandonnés sur la route de "l'Usine de ciment" entre Benghazi et al-Abbiar, citant une source de sécurité qui précise que les corps portaient des traces de tortures.

Al-Wassat a précisé que les unités de l'armée ont transféré les corps vers l'hôpital de Bengahzi où ils ont été admis à la morgue en prélude à leur identification. Le journal a indiqué aussi que cette découverte a soulevé un tollé au sein de la classe politique libyen, qui a été unanime à condamner "ce massacre".

Le journal hebdomadaire paraissant au Caire, al-Wassat, a publié sur son site, un communiqué dans lequel le Conseil présidentiel du gouvernement d'union nationale reconnu par la Communauté internationale, s'est engagé à "arrêter les auteurs du crime d'al-Abbiar et les traîner devant la justice", annonçant le début d'une enquête urgente en coordination avec le ministère public.

Selon al-Wassat, le Conseil présidentiel a souligné, en même temps, que tous les crimes ne resteront pas impunis, signalant que la punition est un moyen de dissuasion et une "vengeance méritée tôt ou tard".

Le conseil a condamné, dans son communiqué, "le crime odieux et l'acte horrible" qui a ciblé les 36 personnes qui ont été torturées, liquidées et jetées dans la région d'al-Abbiar", a rapporté le journal.

Al-Wassat a écrit que le Conseil présidentiel a estimé que "cet acte odieux n'est perpétré qu'uniquement  que par ceux qui sont dépouillés d'humanité, de tous les enseignements religieux et des valeurs sociales, et contraste parfaitement avec ce auquel notre peuple aspire à construire, un Etat civil démocratique qui maintient les droits de l'homme et criminalise les exécutions extrajudiciaires".

Le Parlement libyen, basé à l'Est, a également condamné "le massacre d'innocents", tandis que le gouvernement intérimaire qui en est issu mais non reconnu par la Communauté internationale, a, à travers son ministère de l'Intérieur, annoncé le début d'une enquête pour déterminer les circonstances de l'assassinat de 36 individus, a signalé le journal.

Pour sa part, le journal al-Marsad a rapporté que le chef des forces armés libyennes basées à l'est du pays, le maréchal Khalifa Haftar, a demandé au Procureur général militaire, l'ouverture d'un enquête pour éclaircir les circonstances de la mort de ces 36 personnes, tandis que le chef d'Etat-major de l'armée, le général Aldelrazek al-Nadhouri, a chargé le général Ounis Boukhamada, chef des forces spécial Saiqa à Benghazi, d'entamer une enquête sur cette affaire.

Selon le même journal, les deux principaux partis politiques, le Parti pour la Justice et la Construction (Pjc), d'obédience islamiste, et l'Alliance des Forces Nationales (Afn) d'orientation libérale, sont montés au créneau, dénonçant un "crime odieux" et "impardonnable".

L'Afn a exigé que les circonstances de la mort de ces 36 individus soient éclaircies et rendues publiques le plutôt possible pour que les auteurs reçoivent le châtiment qu'ils méritent, a ajouté al-Marsad, qui signale que le Pjc a exhorté le Conseil présidentiel à prendre le contrôle de la ville de Benghazi (Est) pour mette fin à ces violations du droit et à ces massacres à répétition.

Par ailleurs, le journal Afrigatenews s'est intéressé à l'attaque terroriste contre un poste de sécurité situé à 60 km d'Ajdabia (Est), menée mercredi à l'aube, ayant fait trois morts et quatre blessés parmi l'unité chargée de tenir le poste composée de 12 soldats.

Le journal électronique a souligné que l'attaque a consisté à l'usage des fusils d'assaut Kalachnikov entre les soldats et les assaillants qui ont surpris l'unité en faction dans le poste de sécurité ainsi que des bombes artisanales.

L'attaque a été revendiquée par l'organisation Daech qui, selon le journal, a publié, à travers  les médias qui lui sont affiliées, un communiqué revendiquant l'attaque, promettant d'infliger "une défaire cinglante aux mécréants et de libérer le territoire de leurs souillures".

Pour le journal, cette attaque qui survient après le double attentat-suicide en plein jour dans le complexe des tribunaux dans la ville de Misrata (220 km est de Tripoli), prouve l'omniprésence de Deach dans le région et sa capacité à porter des coups douloureux.

Afrigatenews a souligné qu'une vigilance accrue est nécessaire pour contrer les attaques de Daech, ajoutant qu'une action de traque doit être lancée en coordination avec les Etats-unis en assurant une couverture aérienne afin d'éradiquer totalement les éléments qui subsistent encore de cette organisation terroriste.

Le même journal a, d'un autre côté, accordé une couverture à la visite de l'émissaire de l'Onu à Tripoli à l'issue du second round des pourparlers inter-libyens de Tunis sur l'amendement de l'Accord politique qui ont connu des divergences entre les membres du Comité mixte de rédaction des amendements de l'Accord, issus du Parlement et du Haut Conseil d'Etat.

Afrigatenews a indiqué que Ghasan Salamé a rencontré, à Tripoli, le ministre des Affaires étrangère, Mohamed Siala, et le président du Haut Conseil d'Etat ainsi que plusieurs parlementaires et des membres de l'Autorité constituante.

Le journal a indiqué que les rencontres ont été consacrées à la présentation des résultats des pourparlers et la nécessité de dépasser les divergences pour parvenir à un consensus de nature à mener vers un accord entre les parties du dialogue.

L'émissaire de l'Onu a annoncé, au cours de sa visite, la possibilité de passer à la seconde étape du Plan d'action pour la Libye composé de trois phases, dont l'organisation d'une Conférence inclusive, a rapporté le journal qui rappelle que les autres étapes portent sur l'adoption d'une constitution et la tenue d'élections générales.
-0-PANA BY/BEH 29oct2017

29 octobre 2017 12:43:40




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