La crise mondiale de l'apprentissage menace l'avenir de millions de jeunes élèves (Banque mondiale)

Washington, Etats-unis (PANA) – La scolarisation sans apprentissage est un gaspillage terrible de ressources précieuses et de potentiel humain, a déclaré la Banque mondiale mardi, en avertissant, dans un nouveau rapport, que des millions de jeunes élèves dans les pays à revenu faible et intermédiaire courent le risque de rater des opportunités et de percevoir des bas salaires plus tard dans la vie, parce que leurs écoles primaires et secondaires n'arrivent pas à leur donner l'éducation dont ils ont besoin pour réussir.

Mettant en garde contre une "crise de l'apprentissage" dans l'éducation mondiale, le rapport sur le développement dans le monde 2018 : "Apprendre pour réaliser la promesse de l'éducation", révèle que sans apprentissage, l'éducation n'est pas seulement une occasion de développement manquée, mais également une grande injustice pour les enfants et les jeunes dans le monde.

"Cette crise de l'apprentissage est une crise morale et économique", a soutenu le président du Groupe Banque mondiale, Jim Yong Kim, dans un communiqué de presse à l'occasion de la publication du rapport.

Le rapport soutient que sans apprentissage, l'éducation ne réussira pas à tenir sa promesse d'élimination de la pauvreté et de promotion des mêmes chances et d'une prospérité partagée par tous. Même après avoir passé plusieurs années sur les bancs de l'école, des millions d'enfants ne peuvent ni lire ni écrire, ni effectuer des opérations de mathématiques élémentaires.

"Lorsqu'elle est fournie de manière satisfaisante, l'éducation fait entrevoir la perspective d'un emploi, de meilleurs revenus et d'une existence en bonne santé et à l'abri de la pauvreté. Pour les communautés, l'éducation stimule l'innovation, renforce les institutions et consolide la cohésion sociale. Mais ces bienfaits dépendent des connaissances acquises et sans apprentissage, la scolarisation est une occasion manquée. Pire encore, elle est une grosse injustice : les enfants les plus défavorisés de la société sont ceux qui ont le plus besoin d'une éducation pour réussir dans la vie", a souligné M. Kim.

D'après la Banque mondiale, la crise de l'apprentissage élargit les disparités sociales au lieu de les rétrécir. Les jeunes élèves déjà défavorisés par la pauvreté, les conflits, le genre ou un handicap, entrent dans la vie adulte sans avoir acquis ne seraient-ce que les compétences de base.

Le rapport recommande des mesures politiques concrètes pour aider les pays en développement à résoudre cette crise en renforçant les évaluations des acquis scolaires, en s'appuyant sur les données concernant ce qui marche et ce qui ne marche pas pour orienter les décisions dans le domaine de l'éducation, et en impulsant une forte dynamique sociale dans le but de susciter une réforme visant à mettre l'objectif "d'apprentissage pour tous" au centre de l'éducation.

Bien que tous les pays en développement n'affichent pas tous des déficits extrêmes de l'apprentissage, la plupart sont loin d'atteindre les objectifs qu'ils se sont fixés.

Des évaluations internationales de référence en matière de lecture, de calcul et d'écriture révèlent que les notes d'un élève moyen d'un pays pauvre sont inférieures à celles de 95% des élèves des pays à revenu élevé. Des élèves affichant d'excellentes performances dans certains pays à revenu intermédiaire - garçons et filles se classant dans le quartile supérieur de leur cohorte - se retrouveraient dans le quartile inférieur des élèves d'un pays plus riche.

Ce rapport, qui a été rédigé par une équipe dirigée par Deon Filmer et Hasley Rogers, économistes principaux à la Banque mondiale, identifie les éléments déterminants de ce déficit d'apprentissage - non seulement les manifestations de la rupture entre l'enseignement et l'apprentissage dans un trop grand nombre d'établissements scolaires, mais aussi les facteurs politiques plus profonds qui font perdurer cette situation.

Le rapport note que lorsque "l'apprentissage pour tous" devient une priorité pour les pays et leurs dirigeants, on peut améliorer considérablement les normes en matière d'éducation. Par exemple, la Corée du Sud un pays déchiré par la guerre au taux d'alphabétisation très bas dans les années 50, est parvenue à une  scolarisation universelle dans un système d'enseignement de qualité jusqu'au secondaire en 1995 - ses jeunes étant classés au plus haut niveau par les évaluations internationales des performances scolaires.

"Le seul moyen de faire des progrès est de "rechercher la vérité à partir des faits". Si nous nous y employons, nous trouverons que les faits concernant l’éducation révèlent une triste réalité. Pour un trop grand nombre d’enfants, scolarisation n’est pas synonyme d’apprentissage", déclare l’économiste en chef de la Banque mondiale, Paul Romer.

Après des consultations approfondies menées dans 20 pays et associant des représentants de l’administration, d’organismes d’aide au développement, d’instituts de recherche, d’Osc et du secteur privé, le rapport énonce trois approches stratégiques: évaluer l'apprentissage afin qu'il devienne un objectif quantifiable; mettre l’école au service de l’ensemble des apprenants et  mobiliser tous ceux qui ont un intérêt dans l’apprentissage.
-0- PANA MA/FJG/BEH/SOC 27sept2017

27 septembre 2017 17:54:49




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