La crise irakienne s'impose au sommet arabe de Sharm el-Sheikh

Sharm el-Sheikh- Egypte (PANA) -- Le président égyptien Hosni Moubarak a appelé samedi les pays arabes à avoir une attitude commune à l'égard des questions stratégiques qui touchent leur sécurité.
Dans son intervention à l'ouverture du Sommet de la Ligue arabe à Sharm el-Sheikh, le chef de l'Etat égyptien a appelé ses pairs à accorder une grande importance aux questions qui constituent une priorité dans la liste des objectifs nationaux du monde arabe, surtout celles qui constituent la source des préoccupations majeures des Arabes, en particulier la crise irakienne et le problème palestinien.
Le sommet de Sharm el-Sheikh, a-t-il dit, devrait se consacrer essentiellement au dossier irakien qui domine ces jours-ci la scène et les préoccupations de la communauté internationale.
Il a à cet effet souligné que le problème irakien soulève chez les Arabes des questions légitimes d'une grande importance, notamment leur attachement à la sécurité de l'Irak, aux intérêts du peuple irakien et à l'unité de son territoire, et les répercussions régionales qui pourraient découler des développements de cette question dans un sens qui conduit à la guerre.
Le président égyptien a également évoqué les énormes pertes humaines et matérielles pour toutes les parties sans exception que va engendrer cette guerre qui, a-t-il ajouté, va propager dans la région une atmosphère négative de peur et de déstabilisation qui toucherait plusieurs pays de la zone.
Cette situation nous pousse, a-t-il encore dit, à avoir une attitude unifiée et à coordonner nos politiques en tenant compte de la gravité de ce défi.
Le succès dans cette confrontation réside dans l'unité des rangs et des objectifs arabes, a souligné M.
Moubarak.
Le président égyptien s'est déclaré satisfait de l'engagement de l'Irak à l'exécution munitieuse des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, en particulier la résolution 1441.
A ce propos, il a jugé logique la réclamation d'un délai nécessaire à accorder à l'Irak en vue de lui permettre de prouver sa sincérité et son sérieux dans l'application de ces résolutions.
Le Raïs égyptien a énergiquement critiqué les voix qui ne cessent de répéter que la guerre contre l'Irak est désormais inéluctable quelle que soit l'attitude de ce pays.
Il s'est dit satisfait de l'attitude des forces internationales et régionales et de leur attachement à calmer la situation en vue de permettre un règlement pacifique qui éliminerait les dangers de la guerre et ses répercussions destructives.
M.
Moubarak a également souligné que l'élimination des armes à destruction massive de l'Irak n'aurait une portée significative que si elle devait faire partie d'une action au niveau mondial destinée à épargner la région du Moyen-Orient de la production, de la possession et du développement des mêmes types d'armes.
Il a profité de l'occasion pour demander aux institutions internationales concernées d'exiger par tous les moyens l'exécution de toutes les autres résolutions du Conseil de sécurité concernant la région.
Ces dossiers, a-t-il dit, sont aussi graves et importants que la question de l'élimination des armes à destruction massive de l'Irak, surtout la question du processus de paix dans la région du Moyen-Orient qui touche tous les peuples de la région.
M.
Moubarak a appelé, dans ce sens, à la nécessité de réactiver concrètement le processus de paix sur tous ces volets et la protection des droits des peuples de la région.
Les observateurs à Sharm el-Sheikh estiment que l'intervention du président égyptien pourrait constituer la base du communiqué final du sommet.
Dans son intervention, le président syrien Bachar Al-Assad a appelé à la nécessité d'interdire aux pays arabes d'accorder toutes sortes de facilités aux troupes américaines et de réactiver le traité arabe de défense commune.
La question des facilités accordées aux forces américaines par la plupart des pays du Golfe a sucité une crise diplomatique au sein du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe qui a précédé la réunion au sommet de Sharm el-Sheikh, surtout entre le Koweit d'un côté et le Liban et la Syrie de l'autre.
De son côté, le roi Abdallah de Jordanie a souligné la gravité de la situation et mis en garde contre les risques de division de l'Irak en cas de guerre.
Il a estimé que les chances pour éviter à l'Irak et à la région le spectre de la guerre sont minimes.

01 mars 2003 15:36:00




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