La crise des enfants au Soudan du Sud doit être abordée, selon une responsable des Nations unies

Juba, Soudan du Sud (PANA) - La Représentante spéciale des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, Virginia Gamba, a appelé vendredi à une plus grande responsabilisation et à des efforts accrus pour prévenir les graves violations des droits des enfants au Soudan du Sud, à l'issue d'une mission de quatre jours dans ce pays.

En 2017, près de 1.400 enfants ont été directement touchés et des milliers d'autres ont été victimes du conflit, selon Mme Gamba qui a appelé les autorités à prendre des mesures concrètes pour mettre un terme aux violations et empêcher qu'elles ne se reproduisent.

"L'ONU est prête à soutenir le développement et la mise en œuvre de telles actions concrètes, notamment en élaborant conjointement un plan d'action complet couvrant les six violations graves et la fourniture d'une assistance technique pour sa mise en œuvre", a-t-elle assuré.

Un communiqué de l’ONU rappelle que le Conseil de sécurité a officiellement cité six violations graves que sont le recrutement et l'utilisation d’enfants par les parties au conflit; le viol et les autres formes de violence sexuelle; les attaques contre des écoles et des hôpitaux; les enlèvements d'enfants et le refus de l'accès humanitaire.

À l'occasion de sa première visite au Soudan du Sud depuis son entrée en fonction en avril dernier, Mme Gamba a souligné que la moitié de la population du pays avait moins de 18 ans, ajoutant que "la crise au Soudan du Sud est une crise des enfants".

"Mes discussions avec les autorités m'ont amené à penser que le moment est venu de travailler avec le gouvernement et de réviser les plans d'action existants (élaborés en 2012 et 2015), afin d'élaborer un plan global couvrant les six graves violations subies par les enfants au Soudan du Sud", a-t-elle souligné.

Mme Gamba a également demandé que des plans de prévention des violations soient inclus dans toute future initiative de consolidation de la paix à travers le pays.

La Représentante spéciale a été encouragée par le grand nombre d’enfants libérés cette année par des groupes armés et a appelé à redoubler d’efforts pour libérer tous les enfants détenus contre leur volonté.

Elle a également mis l’accent sur le rôle du gouvernement en fournissant un appui à long terme aux enfants libérés, y compris un soutien psycho-social aux victimes et aux communautés.

"À Yambio, j'ai rencontré des enfants récemment libérés et j'ai été émue par leurs histoires qui ne sont malheureusement pas uniques", a-t-elle raconté.

"Il est essentiel que chaque garçon et chaque fille libérés bénéficient des avantages des programmes de réinsertion et la communauté internationale doit prendre des mesures énergiques et soutenir ces enfants et leurs communautés de manière durable et globale", a-t-elle ajouté.

Les troupes gouvernementales et les forces fidèles aux responsables politiques, Riek Machar et Taban Deng, ont été citées comme des parties aux violations de l’ONU dans le rapport annuel 2017 sur les enfants et les conflits armés au Soudan du Sud.

Mme Gamba a également encouragé la criminalisation de toutes les violations graves commises contre les enfants lors de l’examen du code pénal, la pleine application de la loi sur l’enfance et la promulgation rapide de la loi sur l’état-civil.

Elle a remercié les principaux partenaires de la protection de l’enfance, notamment le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), la Mission des Nations unies au Soudan du Sud et les organisations non gouvernementales pour leur "travail admirable" visant à améliorer la vie des enfants.

"Il ne faut pas perdre de temps pour protéger les enfants au Soudan du Sud contre l'utilisation dans, pour et par un conflit armé", a-t-elle souligné. "Ils ne sont pas seulement l'avenir du Soudan du Sud, mais aussi son présent", a-t-elle estimé.
-0- PANA MA/JSG/SOC 8sept2018

08 سبتمبر 2018 11:22:58




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