La conférence de Durban largement commentée par la presse

Ouagadougou- Burkina Faso (PANA) -- Les journaux burkinabé de cette semaine ont axé l'essentiel de leurs commentaires sur la question du racisme qui fait l'objet d'une conférence mondiale à Durban en Afrique du Sud.
C'est un "tournant dans la lutte contre le racisme", titre le quotidien privé 24 heures, qui part du constat que le phénomène, qu'accompagnent aujourd'hui la xénophobie et d'autres manifestations sociales de rejet de populations, devrait cesser.
Le journal constate que malgré les progrès de la science qui a démontré que tous les hommes sont égaux, malgré leurs apparentes différences, des hommes continuent de diffuser dans les média des idées empreintes de xénophobie et de racisme.
"La conférence de Durban, (la troisième du genre) ne devrait donc pas être une conférence de plus, mais une conférence qui va proposer des mesures concrètes pour faire disparaître toutes formes de rejets", conclut-il.
Sur le même sujet, le quotidien privé L'Observateur Paalga pense qu'il sera question à Durban, du "procès de trois siècles d'esclavage et de traite négrière" et souligne que "les pays africains y vont avec l'objectif d'arracher aux Occidentaux des excuses publiques".
Le journal note que "ce que le Sud réclame aujourd'hui, n'est ni plus ni moins qu'un dédommagement moral qui doit se traduire par la reconnaissance de l'esclavage et la traite négrière comme des crimes contre l'humanité ayant aussi contribué à l'appauvrissement du continent et à l'enrichissement des autres".
Dans le même ordre d'idées, le quotidien d'Etat Sidwaya fait remarquer que le Burkina est prêt à jouer sa partition à la conférence.
Selon la secrétaire d'Etat à la Promotion des Droits de l'Homme, Monique Ilboudo, dont les propos ont été repris dans le journal, "la conférence de Durban a entre autre objectif principal de rechercher surtout les causes, c'est-à-dire les facteurs politiques, historiques, économiques, socioculturels.
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qui engendrent le racisme et la discrimination afin de pouvoir mieux étudier les moyens durables pour les combattre et les éradiquer".
Le quotidien privé Le Pays, quant à lui, relève qu'au niveau du Burkina, les préparatifs pour avoir une représentation nationale honorable à cette conférence mondiale sur le racisme, vont bon train.
Cependant, déplore Le Pays, pour des questions d'ordre financier, le Burkina ne pourra être représenté par une forte délégation.
Sur l'installation prochaine de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) chargée de l'organisation des prochaines échéances électorales qui commencent en l'an 2002, Le Pays se demande si l'opposition burkinabé est en passe de "revoir la copie de son intransigeance et de réviser son bréviaire puisé au répertoire de la politique de la chaise vide en envoyant leurs représentants à la CENI".
Le Pays constate que l'opposition radicale, de par sa lutte, a contribué de façon irréversible à créer les conditions de non- retour à des situations de négation des aspirations à la démocratie.
Exhortant l'opposition radicale à affronter l'électorat, le journal fait remarquer que les élections législatives de 2002 seront un test sur le terrain.
Cependant, Le Pays révèle que des "mésententes existent déjà au sein de la société civile" au sujet de la constitution de cette commission.
Le journal note que les grincements de dents proviennent des associations de défense des Droits de l'Homme.
"Certaines d'entre elles, poursuit-il, dénoncent la manière dont s'est faite la désignation du délégué pour représenter les associations de droit de l'Homme au titre la société civile".
Dans le même ordre d'idées, le quotidien d'Etat Sidwaya note qu'avec l'installation de la nouvelle CENI, la classe politique nationale, opposition comme mouvance, se prépare activement à aller aux législatives d'avril 2002.
Dans cet esprit, le journal souligne qu'au niveau des différents états majors des partis politiques, "c'est déjà le branle-bas.
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, la guerre des tranchées, à travers les sentiers d'une donne politique qui semble sonner le renouveau de la démocratie burkinabe".
Sidwaya reconnaît que le Groupe des 14 (G-14), opposition politique créée pour faire naître l'alternance politique au Burkina en tentant de mettre fin à la suprématie du pouvoir de Blaise Compaoré, a évolué au gré de "questions de stratégies mal pensées et des infiltrations nuisibles".
Le journal souligne qu'en dépit de ces péripéties, le Groupe a eu le courage de désigner des membres à la CENI.
Pour Sidwaya, si le G-14 a eu ce courage, ses représentants à la CENI devraient continuer dans la même lancée afin que le Groupe puisse revenir à la table de négociation avec le gouvernement dans le cadre d'un dialogue sans exclusive.
Le tournoi des 5 nations (football féminin) ayant regroupé le Burkina, le Bénin, le Togo, le Mali, le Ghana et le Sénégal, suscite des débats dans la plupart des journaux de la place.
Le quotidien privé 24 Heures félicite l'équipe féminine du Ghana qui l'a remportée face au Mali sur le score de 5 buts à 1.
Le journal qui trouve que l'initiative est à encourager, est surpris que le trophée soit allé au Ghana, une équipe, invitée d'honneur du tournoi.
Dans le même sens, le quotidien d'Etat Sidwaya conclut qu'il s'agit là d'un parfum de l'intégration.

31 août 2001 10:51:00




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