La coalition de l’opposition togolaise décide de bouder la Mission de l’OIF

Lomé,Togo (PANA) - L’opposition  togolaise a décidé de ne pas rencontrer la Mission de l’Organisation internationale de la Francophonie(OIF) dont l'arrivée à Lomé, prévue ce mardi, n'a pas été confirmée par  la coalition des 14 partis de l’opposition, lors de sa  conférence de presse.

Au cours de cette conférence, l’opposition remercie l’OIF pour avoir décidé de cette mission;  elle indique qu’elle ne ferme pas la porte au dialogue ou aux négociations, mais précise qu'elle ne compte pas traiter avec la responsable désignée pour conduire la délégation, en l'occurence Mme Aïchatou Mindaoudou Souleymane, ex-ministre des Affaires étrangères du Niger, ancienne Représentante Spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire (Chef de l'ONUCI).

Selon Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, porte-parole de la coalition, l’opposition n’a rien contre l’OIF, mais récuse son chef de mission, Mme Aïchatou Mindaoudou Souleymane, pour "le rôle qu'elle avait joué dans la crise togolaise survenue en 2005".

La coalition reproche à Mme Aïchatou Mindaoudou Souleymane, à l'époque ministre des affaires étrangères du Niger sous la présidence de Mamadou Tandja à la CEDEAO, d’avoir eu un comportement peu orthodoxe vis-à-vis des partis de l’opposition.

"Que le serpent Aïchatou Mindaoudou soit devenu un ver de terre, on n'en sait rien. Elle avait joué un rôle de serpent venimeux qui nous avait mordus en 2005, et on s’en méfie" », fait remarquer Jean-Pierre Fabre, chef de file de l’opposition, répondant  la question d’un journaliste qui demandait ce qu'il en serait, si Mme  Mindaoudou Souleymane avait changé d'attitude depuis lors.

Le 5 octobre, à la suite d’une grande manifestation de l’opposition, Jean-Pierre Fabre avait déjà affirmé que Mme Aïchatou Mindaoudou Souleymane n’a pas la qualité requise  pour jouer le rôle de médiateur.

«Personnellement, je vais la récuser parce qu’elle avait joué un très mauvais rôle en 2005 lorsque Faure Gnassingbé avait perpétré son coup d’Etat. Elle était venue ici, et elle et l'Emissaire de la CEDEAO nous ont mal parlé. Ils ont été  très arrogants vis-à-vis de nous", avait déploré  Fabre.  

La mission de l’Organisation internationale de la francophonie(OIF) à Lomé  a été prévue du 10 au 13 octobre, pour "analyser le contexte socio-politique global et  identifier les secteurs auxquels l'action de la Francophonie pourrait être utile à cette étape ".

La mission qui sera conduite par Mme Aïchatou Mindaoudou Souleymane, ancienne ministre des Affaires étrangères du Niger, ancienne Représentante Spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire (Chef de l'ONUCI), va rencontrer, outre les autorités nationales, les responsables politiques de tous bords et de la société civile, les institutions impliquées dans la vie démocratique du pays ainsi que les partenaires bilatéraux et multilatéraux.

On rappelle que Mme Aïchatou Mindaoudou et Ibn Chambas, alors Secrétaire exécutif de la CEDEAO, avaient été  accusés d’avoir pris fait et cause pour le pouvoir en place, lors de la prise de pouvoir par Faure Gnassingbé à la mort de son père, à la faveur d’un forcing  juridique suivi d’une élection présidentielle controversée dont la contestation aurait fait, selon un rapport des Nations Unies, au moins 500 morts et des milliers de blessés.
-0-PANA FAA/SSB/SOC 10octobre2017

10 octobre 2017 21:08:28




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