Ouagadougou, Burkina Faso (PANA) – La Triennale de l’Association pour le développement de l’Education en Afrique (ADEA) a pris fin vendredi soir au centre de conférence international de Ouagadougou, au Burkina Faso, par l’adoption d’un consensus en faveur d’un nouveau paradigme du système éducatif africain, associant étroitement éducation et formation.
S’exprimant à cette occasion, le Premier ministre du Burkina Faso, Beyon Luc Adolphe Tiao, a déclaré que les travaux de la Triennale ont constitué une rupture et ouvert la voie vers la refondation des systèmes d’éducation et de formation africains autour d’une vision partagée : celle du développement durable de l’Afrique avec comme socles, l’éducation et la formation.
"A la lueur du réel espoir suscité par les conclusions solidement argumentées auxquelles a abouti la présente Triennale et la détermination fortement exprimée de les réaliser, nous attendons donc le rapport officiel assorti des propositions concrètes que vous avez retenues pour le continent", a-t-il ajouté.
Le nouveau paradigme défini par la Triennale reconnaît également un rôle moteur aux sciences, à la formation professionnelle, aux technologies de l’information et de la communication et à l’apprentissage tout au long de la vie.
Il privilégie une approche holistique de l’éducation et de la formation orientée vers le développement durable.
Les participants à la rencontre de Ouagadougou ont également décidé de mettre en place une approche multilatérale de l’éducation et de la formation en Afrique qui prend en compte des acteurs comme le secteur privé et les jeunes.
Le nouveau paradigme envisage par ailleurs le développement d’un partenariat fort entre l’école et l’entreprise afin de garantir aux jeunes Africains une formation adaptée aux besoins des économies nationales et qui les prépare à la vie socio-économique.
A cet effet, les participants ont souligné la nécessité d’inclure les valeurs éthiques et la gouvernance comme facteurs de développement durable de l’Afrique.
Les débats de la Triennale ont en outre abouti à la nécessité pour l’éducation en Afrique de s’appuyer sur la science et les technologies de l’information et de la communication.
Les résultats de la Triennale feront l’objet d’un mécanisme de suivi qui intègre entre autres, l’engagement du président burkinabé, Blaise Compaoré, de les porter à la connaissance de ses pairs africains lors du prochain sommet de l’Union africaine prévu en juillet au Malawi.
Selon le Secrétaire exécutif de l’ADEA, Ahlin By-Cataria, toutes les parties prenantes à la Triennale seront entièrement associées au suivi de ses résultats.
Il a également annoncé que 60 pc des activités du Secrétariat de l’ADEA seront consacrés pour l’année 2012 au suivi des résultats de la Triennale de Ouagadougou.
Le consensus obtenu à la Triennale fera l’objet d’une large diffusion sur le site web de l’ADEA et à travers une Lettre d’informations régulière qui sera envoyée à tous les participants, a promis M. Cataria.
Lors d’une journée spéciale organisée à la veille de la Triennale, la diaspora, qui était fortement représentée aux travaux, a été reconnue comme une partie pouvant apporter une valeur ajoutée à l’éducation et à la formation en Afrique.
Au-delà des transferts de fonds vers les pays d’origine, la diaspora a été fortement exhortée à s’impliquer dans le développement des Sciences, des technologies et de l’innovation en Afrique par le biais du transfert des compétences.
La journée d’échanges et de partage d’expériences en matière d’éducation et de formation avec la Corée aura par ailleurs été un des temps fort de la Triennale.
Tour à tour, des représentants des principales institutions de recherche, d’éducation et de formation de Corée ont expliqué, en présence du vice-ministre coréen de l’Education, Sang-Jin Lee, les ressorts de la trajectoire qui a permis à la Corée de passer de son niveau de développement des années 1960 équivalant à celui des pays africains aujourd’hui, à son statut d’une des dix premières économies mondiales actuellement.
Près de 800 personnes, parmi lesquelles 54 ministres, ont pris part à la Triennale de l’ADEA qui a été préparée dans le cadre d’un processus participatif et inclusif.
-0- PANA SEI/JSG/SOC 18fév2012