La Tanzanie doit abolir sa législation discriminant les veuves, selon les experts des Nations unies

Abidjan, Côte d’Ivoire (PANA) - Le Comité des Nations unies pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes a appelé les autorités tanzaniennes à réviser ou abolir la législation du pays qui discrimine les veuves de la succession de leurs défunts époux.

Selon un communiqué transmis mercredi à la PANA, cette prise de position du Comité intervient après l’examen de la plainte de deux veuves exclues de la succession de leurs défunts époux et laissées sans abri par leurs beaux-parents.

Dans ses conclusions, le Comité demande que des réparations et des compensations adéquates soient accordées à ces veuves devenues économiquement vulnérables, sans soutien financier et sans domicile pour vivre avec leurs enfants.

Par ailleurs, le Comité appelle les autorités tanzaniennes à assurer le respect des droits garantis par la Convention sur toutes les formes de discrimination, tout en soulignant que les Etats parties ont une obligation d’abolir ou d’amender les lois ou même les coutumes existantes qui constituent des formes de discrimination à l’égard des femmes.

Parmi d’autres recommandations, le Comité a souhaité la fin des manœuvres dilatoires dans les procédures judiciaires avec l’appel des veuves qui est resté pendant devant la cour d’Appel durant six années.

Il a aussi formulé des actions de formation des juges et du personnel judiciaire sur la Convention et la jurisprudence du Comité et a proposé aux autorités tanzaniennes d’encourager le dialogue pour amender les lois discriminatoires.

La Tanzanie dispose de six mois pour soumettre une réponse écrite contenant les actions menées pour se conformer aux recommandations formulées par le Comité.

En 2005, deux veuves ont entamé des procédures judiciaires pour la révision du dispositif légal sur la succession, en déphasage avec la Constitution tanzanienne et les traités internationaux ratifiés, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ratifiée en 1985.

En 2006, la Haute Cour de justice a admis que le dispositif existant était discriminatoire, mais qu’elle était dans l’incapacité de le modifier pour ne pas ouvrir la boîte de Pandore avec les coutumes discriminatoires des 120 tribus tanzaniennes observant les mêmes pratiques.

Le droit coutumier en vigueur dans 30 districts est le plus communément applicable en Tanzanie dans lequel, les veuves n’ont droit à aucune part dans la succession, si le défunt a des parents vivants. Leur part est destinée à s’occuper de leurs enfants.
-0- PANA BAL/JSG/IBA  01avr2015

01 avril 2015 10:57:07




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