La RADDHO accuse Me Madické Niang de faire obstruction au jugement de Hissène Habré

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) – Le président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO), Alioune Tine, a accusé vendredi, à Addis-Abeba ,le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Me Maidické Niang, de "tout mettre en œuvre" pour soustraire l’ancien chef de l’Etat tchadien Hissène Habré à la justice sénégalaise.

S’exprimant lors d’un entretien accordé à la PANA, M. Tine a souligné que Me Niang a été le coordonnateur de la défense de l’ancien chef de l’Etat tchadien (1982-1990) avant d’accéder aux fonctions de ministre de la Justice puis de ministre des Affaires étrangères du Sénégal.

"Officiellement, le ministre des Affaires étrangères a cessé d’être l’avocat de Habré. Mais, il le demeure officieusement. Et nous avons de bonnes raisons de penser que Me Niang utilise sa position institutionnelle et ses vieilles relations avec le président Wade pour soustraire Habré à la justice du Sénégal", a déploré le président de la RADDHO.

Selon lui, il y va de "l’honneur du Sénégal" et de l’image de l’Afrique que Hissène Habré soit jugé au Sénégal. Après sa chute en décembre 1990, l’ancien chef de l’Etat tchadien s’était installé au Sénégal où le gouvernement de l’époque lui avait accordé l’asile politique.

"Hissène Habré a passé plus de vingt ans au Sénégal. Il s’est marié avec une Sénégalaise; il a eu des enfants sénégalais. Il doit être jugé au Sénégal par la justice sénégalaise. Ce serait irresponsable de se débarrasser de lui en le renvoyant en Belgique ou au Tchad où il risque d’être exécuté en vertu d’une condamnation à mort par contumace", a mis en garde M. Tine.

Il a par ailleurs qualifié de "prétexte" les raisons financières avancées par les autorités sénégalaises pour justifier le retard pris dans l’exécution du mandat de juger Hissène Habré confié par l’Union africaine au Sénégal.

"Nous sommes à la veille d’un sommet portant sur les valeurs partagées et il nous parait inacceptable que des conflits d’intérêt fassent que Hissène Habré échappe encore à la justice sénégalaise. Je rappelle que la table ronde des bailleurs de fonds de novembre dernier a mobilisé près de 6 milliards pour faire juger Habré ; c’est un montant suffisant", a poursuivi le président de la RADDHO.

Des associations des victimes tchadiennes et des ONG de droits de l’Homme réclament depuis plusieurs années la traduction de Hissène Habré devant une juridiction africaine ou celle d’un Etat tiers en vertu du principe de compétence universelle.

Les pays africains, qui ne veulent pas voir un ancien chef d’Etat du continent jugé par la justice occidentale, ont donné mandat au Sénégal pour juger Hissène Habré.

Faute d’avoir obtenu les ressources financières nécessaires à ce procès, le président sénégalais Abdoulaye Wade a récemment menacé de remettre le dossier de l’ancien chef de l’Etat tchadien à l’UA.

-0- PANA SEI/TBM/IBA  28janvier2011

28 janvier 2011 15:43:01




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