La PAM lance un appel de fonds en faveur de la Mauritanie

Nouakchott- Mauritanie (PANA) -- Le Programme alimentaire mondial (PAM) a prévenu, mardi, qu'il pourrait être contraint de réduire, voire de supprimer complètement des rations prévues pour près de 68.
000 enfants menacés de malnutrition en Mauritanie, "à moins de nouvelles contributions pour ses opérations dans ce pays, pendant la période la plus critique de l'année".
Dans un appel à la communauté des bailleurs de fonds, le directeur du PAM en Mauritanie, Gian Carlo Cirri, précise que l'agence onusienne a besoin de 14,4 millions de dollars supplémentaires pour ses opérations en 2007, ajoutant que les succès obtenus dans la lutte contre la malnutrition dans le pays ces dernières années seront mis en péril, si celles-ci venaient à être suspendues.
"Nous donnons l'alerte en avance.
Nous avons un besoin urgent de ces fonds pour pouvoir continuer à approvisionner sans interruption les centaines de centres d'alimentation répartis dans les zones les plus durement touchées du pays.
Le système est déjà en place, nous devons absolument le faire fonctionner", déclare M.
Cirri.
Il a indiqué que son organisme est "inquiet" de la réduction du financement au cours des derniers mois malgré l'arrivée imminente de la période de soudure pendant laquelle les familles pauvres luttent chaque jour pour trouver de quoi se nourrir.
Avec le gouvernement, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) et des ONG, le PAM fournit de la nourriture à plus de 600 Centres d'alimentation communautaires en Mauritanie.
Dans ces centres, près de 50.
000 jeunes enfants et leurs mères ont reçu l'année dernière des rations complémentaires de nourriture enrichie en vitamines et en minéraux pour les aider à lutter contre la malnutrition.
Les résultats d'une étude récente menée par l'UNICEF sur la nutrition en Mauritanie établissent que le taux de malnutrition aiguë est de 8,2% en moyenne nationale, par rapport aux 13,3% de 2001.
Dans le même temps, le taux de malnutrition chronique est passé de 38,2% à 24,5%.
"Ces avancées importantes, conquises de haute lutte, sont à présent menacées.
Alors que les experts demandent que l'on s'investisse davantage et durablement contre la malnutrition en Mauritanie, nous ne pouvons rien faire parce que nous ne disposons pas de ressources suffisantes", souligne M.
Cirri.
Les régions les plus touchées se trouvent dans le sud (Trârza, Brâkna, Guidimaka et Gorgol) où les taux de malnutrition aiguë sont supérieurs à 10%, c'est-à-dire au-dessus du seuil d'alerte de l'Organisation mondiale de la santé.
Ces zones, très peuplées, souffrent de manière chronique d'une pénurie de vivres et ne sont que peu desservies en centres de soins et autres infrastructures importantes.
Outre ses programmes nutritionnels, le PAM travaille avec le gouvernement et les ONG pour compléter l'alimentation des foyers des régions les plus pauvres du pays qui se trouvent dans le Sud.
Une étude du PAM montre que 165.
000 personnes (9% de la population) sont extrêmement vulnérables et dépendent de l'aide humanitaire au cours des mois les plus difficiles de l'année.
D'autre part, 180.
000 personnes doivent lutter pour se nourrir correctement.
Les distributions faites pour renouveler les stocks alimentaires villageois ou dans le cadre du programme vivres contre travail, où les habitants qui travaillent pour construire des infrastructures primordiales pour la communauté reçoivent des rations, sont également menacées par le niveau extrêmement bas des financements.
Le gouvernement de la Mauritanie est engagé dans la lutte contre la malnutrition et la faim et a contribué à hauteur de plus de 1,2 million de dollars US aux opérations du PAM dans le pays.
D'autre part, il a également fourni du matériel indispensable, tel que des outils agricoles, pour venir en aide au PAM et aux ONG partenaires.
"Ce n'est peut-être pas une crise humanitaire majeure, mais des dizaines de milliers de Mauritaniens ont besoin du PAM pour survivre au cours des mois les plus durs de l'année.
Il est impensable pour nous d'imaginer, ne serait-ce qu'un instant, les abandonner et pour cela, nous avons besoin du soutien de la communauté internationale", affirme M.
Cirri.

06 mars 2007 12:16:00




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