La Namibie exige des excuses des anciennes puissances coloniales

Windhoek- Namibie (PANA) -- Les anciennes puissances coloniales doivent présenter leurs excuses pour les pratiques inhumaines auxquelles elles se sont livrées contre les populations de leurs empires et réparer les dommages qu'elles ont causés, a déclaré un responsable du gouvernement namibien.
"Ce n'est que lorsqu'elles auront présenté leurs regrets pour ce qu'elles ont fait et qu'elles auront réparé les préjudices que nous pourrons croire qu'elles regrettent vraiment leurs agissements", a déclaré le vice ministre namibien des Prisons et de l'Administration carcérale, Jeremiah Nambinga.
Il a fait ces remarques à l'issue d'une atelier de deux jours, organisé par des responsables du gouvernement, des représentants des agences non gouvernementales et de la société civile, afin de définir les positions namibiennes pour la prochaine Conférence mondiale contre le racisme, prévue du 28 août au 7 septembre 2001 à Durban en Afrique du Sud.
Toutefois, Nambinga a souligné qu'aucun montant et aucune excuse ne valait les vies perdues du fait de l'esclavage et des autres actes de racisme et de discrimination.
Les participants à cet atelier ont apporté leur soutien à l'idée de la mise sur pied d'un mécanisme international de compensation pour les victimes de la traite négrière et toutes autres politiques et actes transactionnels racistes.
La Namibie appuie sans réserve l'idée de la création d'un fonds de réparation pour la mise à disposition de ressources destinées au financement des processus de développement des pays affectés par le colonialisme.
Selon le ministre des Affaires étrangères, de l'Information et de la Radiodiffusion de la Nambie, Theo-Ben Gurirab, les modalités de ces réparations et compensations seront définies par la Conférence mondiale contre le racisme, en veillant à assurer leur efficacité.
"Chaque pays a sa propre expérience de la persécution et de l'esclavage.
Nous (Namibiens) avons des préoccupations particulières et une vision légitime et nous devons trouver le moyen de les porter à l'attention de la Conférence des Nations Unies.
"Notre délégation doit avoir ses propres problèmes à poser et la réponse finale sera insérée dans le document qui sera adopté à l'issue de la conférence", a déclaré Gurirab.
Les Etats-Unis ont menacé de se retirer de la conférence si des questions comme celles des réparations et du sionisme sont inscrites à l'ordre du jour de la conférence contre le racisme.
Un porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis à Windheok, George Kopf, a déclaré à la PANA que "la position américaine est que toute référence au principe des réparations pourrait avoir pour résultat une décision de notre pays de ne pas participer à la conférence.
"Il s'agit d'une situation complexe.
La réalité de notre histoire est que de nombreuses personnes sont arrivées dans le pays après l'ère de l'esclavage.
"Même si nous ressentons et reconnaissons les dégâts causés, nous ne pensons pas qu'il serait approprié d'en faire une question à débattre au cours de la conférence, qui est censée rapprocher les populations".
Les recommandations élaborées par les différentes régions de l'Afrique, en vue de leur soumission à la conférence, plaident en faveur de la mise sur pied d'un mécanisme international de compensation en faveur des victimes du commerce des esclaves, ainsi que des victimes de tous les autres actes et politiques transactionnels à caractère raciste.

16 août 2001 22:44:00




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