La Mission de l'ONU au Soudan du Sud souligne l'importance de soutenir le processus politique dans ce pays

New York, Etats-Unis (PANA) - Une dernière évaluation de l'opération de maintien de la paix des Nations unies au Soudan du Sud a montré que parvenir à une solution politique du conflit en cours est le moyen le plus efficace de protéger les civils, a annoncé mardi une haute responsable de l'ONU, qui a invité à une attention renouvelée au soutien du processus politique.

"Une résolution politique durable de conflit est la seule voie pour ébaucher une stratégie de sortie viable", pour la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS), a déclaré Mme Bintou Keïta, Secrétaire générale-adjointe pour les Opérations de maintien de la paix, au Conseil de Sécurité à New York.

La MINUSS a été créée en 2011 en tant qu'instrument de renforcement des capacités pour aider un gouvernement n'étant pas en mesure de fournir des services à sa population, a-t-elle indiqué.

Cependant, suite aux violences de décembre 2013, la MINUSS est devenue une Mission dont la protection des civils, y compris des forces de sécurité nationales, est la nouvelle priorité.

"Cette mission reste malheureusement d'actualité", a-t-elle souligné, en notant que des dizaines de milliers de civils ont été tués depuis le début du conflit, en décembre 2013, et que plus de quatre millions d'autres ont été déplacés, dont la moitié est désormais réfugiée dans les pays voisins.

Comme l'a révélé encore une fois la Commission d'enquête du Conseil des droits humains, qui a publié son rapport vendredi dernier, les violations et abus des droits de l'Homme, y compris des cas horribles de violence sexuelle, ont atteint des proportions alarmantes et l'impunité pour ces crimes reste la norme, a déclaré Mme Keïta.

En outre, plus de 200.000 déplacés internes continuent à être protégés sur les bases de la MINUSS, avec l'assistance des partenaires humanitaires.

Un communiqué de l'ONU indique que plus de 50 pour cent du personnel militaire de la mission se consacre actuellement à la protection de ces sites qui ne représentent qu'une fraction des civils sud-soudanais ayant besoin d'une protection.

"Il n'existe pas de réponses faciles à ce dilemme. Il n'y aura jamais assez de troupes à la fois pour les sites de "protection des civils" et pour étendre la capacité de protection de la MINUSS à d'autres zones de larges déplacements, dans un pays aussi vaste que le Soudan du Sud", a-t-elle indiqué.

Le communiqué estime que renforcer l'efficacité des efforts de protection au-delà de ces sites va continuer à être une priorité majeure pour la Mission, en particulier à travers l'élaboration d'une approche de la protection à l'échelle de tout le système, intégrée et "centrée sur la population", destinée à combler les lacunes, à générer des synergies et éviter une reproduction des efforts, évitant ainsi un éventuel gaspillage des ressources.

Depuis la décision du Conseil de Sécurité, en août 2016, de déployer la Force de protection régionale (FPR), les conditions sécuritaires à Juba ont considérablement évolué. Aujourd'hui, si le risque d'instabilité et de violence demeure, la menace d'un conflit militaire dans la capitale a fortement diminué.

L'environnement actuel de Juba peut cependant nécessiter un ajustement de la mission de la FPR, a expliqué Mme Keïta.

Suite à l'évaluation, la Secrétaire générale-adjointe pour l'opération de maintien de la paix a ordonné une étude des capacités de l'Armée et de la Police pour explorer comment les troupes peuvent moins se consacrer aux sites de "protection des civils" et se projeter davantage dans tout le pays pour protéger d'autres civils sous la menace de violences imminentes.

Cette étude des capacités va également devoir se pencher sur la configuration de la FPR.

Le Soudan du Sud a été créé avec des capacités institutionnelles extrêmement limitées dans tous les domaines de la gouvernance et des services gouvernementaux, à l'exception des forces militaires. La situation ne s'est pas améliorée dans les années qui ont suivi.

La mauvaise gouvernance et l'effondrement de l'économie ont affaibli des institutions garantes de l'Etat de droit déjà précaires. Dans le contexte sécuritaire et politique actuel, l'évaluation a estimé qu'un retour à un renforcement des capacités des institutions garantes de l'Etat de droit n'est pas garanti.

"Nous estimons que la manière la plus efficace de protéger les civils de manière durable est de trouver une solution politique à ce conflit", a-t-elle déclaré.

Le mandat en quatre points de la MINUSS reste valable, mais le Conseil et la région doivent se concentrer sans nul doute sur son quatrième pilier, qui est le soutien au processus politique, a-t-elle précisé.

"Sans progression du processus politique, la Mission va vraisemblablement devoir être déployée pendant encore longtemps à un coût considérable pour la communauté internationale", a-t-elle conclu.
-0- PANA MA/FJG/JSG/IBA 28fév2018

28 février 2018 09:25:43




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