La MINUL se défend des accusations d'abus des droits humains

Monrovia- Liberia (PANA) -- Le chef de la Mission des Nations-unies au Liberia (MINUL), Jacques Klein, a réagi avec fermeté aux allégations de la Commission nationale indépendante des droits de l'Homme du Liberia qui accuse les soldats de la paix des Nations- unies de s'être rendus coupables d'"exécutions extrajudiciaires" et d'autres abus des droits humains.
La semaine dernière, le président de la Commission, Dempster Brown, avait rendu public un rapport accablant dans lequel la MINUL était accusée d'avoir contribué à la "mauvaise" situation qui prévaut au Liberia en matière de droits humains depuis 2003, date du départ en exil de l'ancien président Charles Taylor.
M.
Brown, un des plus éminents spécialistes des droits humains du pays, affirme que plusieurs soldats de la paix ont assassiné et torturé d'innocents citoyens libériens.
Cependant, dans une correspondance adressée au président de la Commission et distribuée aux médias, le chef de la MINUL accuse le militant des droits humains de s'être lancé dans une campagne de dénigrement systématique de la mission de maintien de la paix des Nations-unies et de faire des accusations qu'il n'est pas en mesure de prouver.
"Au lieu de vous donner la peine de chercher à mieux vous informer, vous semblez préférer vous livrer à une opération de dénigrement systématique de la MINUL et privilégier le sensationnel dans le traitement des incidents impliquant des personnels de la MINUL, en adoptant un ton aussi incendiaire et peu constructif.
"Vos attaques persistantes contre la MINUL ne laissent planer aucun doute sur leurs motivations politiques", note la correspondance.
Le responsable de la MINUL reconnaît néanmoins que ses forces tentent de faire la lumière sur des incidents "impliquant l'utilisation de la force par les soldats de la paix des Nations- unies ayant provoqué des pertes en vies humaines".
Cependant, M.
Klein a tenu à souligner que "les conclusions de ces investigations seront communiquées aux familles des personnes touchées ainsi qu'aux autorités libériennes concernées et aux militants des droits humains dans le pays, s'ils en expriment le désir".
Il a ensuite défendu la mission de maintien de la paix, présente au Liberia depuis le 1er octobre 2003 et qui est actuellement la plus importante mission de paix des Nations-unies.
Son intervention était motivée par la volonté de mettre un terme à la guerre civile sanglante qui a donné lieu aux pires violations des droits humains.
Selon le responsable onusien, le mandat que la MINUL tient du Chapitre 7 de la Charte des Nations-unies qui donne d'importants pouvoirs au Conseil de sécurité sera utilisé pour aider les citoyens libériens à continuer d'oeuvrer à l'instauration d'une paix durable et à la restauration de la démocratie.
"En ma qualité de chef de la MINUL, je suis dans l'obligation de garantir la sécurité du personnel de la mission contre tout danger qui pourrait le menacer, y compris contre les attaques verbales", a ajouté M.
Klein.
Ce vif échange de propos entre la MINUL et la Commission nationale des droits de l'Homme intervient à un moment où cette structure, engluée dans des difficultés financières, a lancé un processus de mise sur pied d'un fonds spécial afin de collecter un montant de 1,5 million de dollars US pour financer les recherches sur les abus de droits humains au Liberia.
Le rapport de la Commission a été présenté au cours d'une conférence des donateurs convoquée pour organiser une collecte de fonds.

28 avril 2005 15:56:00




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