La Mfwa affirme que les médias nigérians sont en état de siège depuis deux mois

Banjul, Gambie (PANA) - Sur une période de deux mois, les médias nigérians ont été assiégés par les acteurs étatiques, a dénoncé jeudi, la Fondation des médias pour l'Afrique de l'Ouest (Mfwa).

Dans un communiqué transmis à la PANA, l'organe sous-régional des droits a déclaré qu'entre le 12 juillet et le 16 septembre 2017, les acteurs de l'Etat au Nigeria ont soumis les médias à un blitz de violations, y compris des attaques physiques, des arrestations et des détentions, de la surveillance et de la censure.

Cela, dit-on, devient un cercle vicieux susceptible d'induire une auto-censure répandue parmi les médias dans le pays.

"La prévalence des attaques physiques est terrible. Mais il est encore plus épouvantable que les auteurs dans tous les cas soient des gouverneurs et des agents de sécurité - les acteurs de l'Etat qui devraient jouer un rôle de premier plan dans la prévention et le traitement des violations de la liberté de la presse ".

"Mfwa condamne la culture du machisme affichée par les acteurs de l'Etat contre la presse au Nigeria", a ajouté le communiqué.

L'organisme de la liberté de la presse a également invité le Comité de l'information et de l'orientation nationale et le Comité de la magistrature, des droits de l'homme et des affaires juridiques du Sénat nigérian à relever les violations avec les autorités compétentes au sein de l'exécutif et à travailler avec les médias pour mettre fin au siège.

"Les violations ont de graves implications pour la liberté d'expression et l'accès à l'information au Nigeria parce qu'elles ont le potentiel d'affaiblir le moral des médias qui sont l'interface entre les citoyens et le gouvernement".

La Mfwa a soutenu que les actes d'hostilité contre les journalistes ont violé directement la constitution du Nigeria de 1999 (modifiée) qui a imposé aux médias l'obligation de contrôler les activités du gouvernement et de rendre le gouvernement responsable devant le peuple.

Selon le communiqué, l'attaque la plus récente a été enregistrée le 16 septembre lorsque le gouverneur de l'Etat d'Imo, le chef Rochas Okorocha, a interdit à Amby Uneze de THISDAY et à Chidi Nkwopara du journal Vanguard, de couvrir des activités à la State House, siège du gouvernement.

Décrivant les deux comme «ennemis du gouvernement», le chef Okorocha a déclaré que les deux journalistes étaient friands d'écrire des articles défavorables á son administration.

La Mfwa a souligné que l'acte de censure ci-dessus par le gouverneur est venu quatre jours après que 20 soldats ont pris d'assaut le secrétariat d'Etat d'Abia de l'Union nigériane des journalistes à Umuahia, le 12 septembre, et y ont agressé des journalistes, écrasant et saisissant leurs smartphones et ipads.

Les soldats ont accusé les journalistes de la couverture non autorisée de leur défilé, surnommée «Operation Python Dance».

Il y a eu une autre attaque physique, celle-la, le 11 septembre, lorsque certains membres du Département des services d'Etat (Dss), un groupe paramilitaire, ont brutalisé Toba Adedeji, journaliste au journal Osun Defender, et Timothy Agbor, correspondant du journal The Point.

Le téléphone mobile d'Agbor a également été détruit par ses assaillants. Le seul «crime» des journalistes était qu'ils couvraient une protestation contre les mauvaises conditions de travail de l'Union des employés des collectivités locales du Nigeria dans la capitale de l'Etat d'Osogbo.

En outre, elle a déclaré dix jours plus tôt, le 1er septembre, que les agents de sécurité attachés à la Maison du gouvernement de l'Etat de Kogi ont agressé Segun Salami, un journaliste travaillant avec Channels Television.

Environ six policiers ont battu le journaliste qu'ils ont accusé d'avoir manqué de respect en étant au téléphone alors que le drapeau national était en train d'être descendu. D'autres comptes ont déclaré que l'un des policiers a accusé Salami de le taquiner.

La Mfwa a noté que dans une révélation étonnante qui pourrait avoir un effet paralysant sur les médias en ligne et abuser des droits des personnes en ligne, le directeur de l'information de défense de l'armée nigériane, le major-général John Enenche, a déclaré sur Channels Television le 23 août 2017, que les militaires surveillent les médias sociaux pour «des activités troublantes et de mauvaise information».

«Nous avons nos centres de médias stratégiques qui surveillent les médias sociaux pour pouvoir filtrer et réagir à tous ceux qui seront anti-gouvernementaux, anti-militaires, donc anti-sécurité», a déclaré Enenche.

La Mfwa a déclaré, le 30 juillet, qu’un caméraman de Liberty Television a été blessé et sa caméra vidéo cassée dans un assaut contre les journalistes et les participants lors d'une conférence de presse organisée par l'opposition All People Congress.

Les agresseurs étaient des voyous dirigés par un agent de police divisionnaire, CSP Abdullahi.

Selon le communiqué, l'assaut des acteurs de l'Etat a débuté le 16 juillet avec le gouverneur de l'Etat de Kaduna, Nasir El-Rufai, traduisant en justice Luka Binniyat, journaliste du journal Vanguard, devant une Haute Cour.

M. Binniyat a été accusé de «violation de la paix publique» et de fausses déclarations dans le cadre d'un article qu'il a écrit le 24 janvier 2017, dans lequel il a allégué que certains bergers avaient tué cinq étudiants de l'École d'éducation de l'Etat.

Il a déclaré que bien que Binniyat se remettait d'un accident et qu'il soit arrivé devant les tribunaux sous étreinte, le juge a ordonné son placement en détention provisoire jusqu'au 20 juillet.

À la date échue, le juge de première instance, Alhaji Bashir Sukola, a fixé la caution à 10 millions de nairas (28 mille dollars américains) avec deux garanties, une caution bancaire du même montant et la remise du passeport des cautionnements.

Incapable de remplir les conditions, Binniyat a de nouveau été renvoyé en prison.
-0- PANA MLJ/VAO/MTA/BEH/SOC 05oct2017

05 octobre 2017 17:48:48




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