La Mauritanie a bouclé une année de transition militaire

Nouakchott- Mauritanie (PANA) -- La Mauritanie a bouclé ce 3 août une année de transition avec, dans l'exercice du pouvoir, un Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) composé de 17 officiers supérieurs et dirigé par le colonel Ely Ould Mohamed Vall.
A l'actif de la junte et du gouvernement de transition, l'approbation par référendum, le 25 juin dernier, à une majorité écrasante et avec un fort taux de participation, d'une Constitution amendée qui garantit l'alternance au pouvoir tous les dix ans.
La classe politique et la société civile jugent globalement positive l'action du nouveau pouvoir, estimant surtout qu'elle ouvre de nouvelles perspectives politiques et économiques.
Cependant, certaines voix relèvent la non-résolution de certains problèmes de fond, liés notamment au passif humanitaire hérité du régime de Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya, ainsi que la question de la cohabitation communautaire.
Pour le président de l'Union des forces de progrès (UFP), Mohamed Ould Maouloud, "la transition avance sur les bons rails en vue de l'instauration d'une démocratie crédible qui assure le développement global et durable du pays".
Un tel fait résulte, a-t-il poursuivi, de la volonté commune de tous les acteurs: CMJD, gouvernement de transition, classe politique et société civile, qui travaillent dans le cadre d'une concertation permanente pour maintenir le consensus.
Le président de l'UFP en appelle toutefois au renforcement et à l'amélioration des mécanismes de concertation, surtout en ce qui concerne la question de la neutralité de l'administration compte tenu de l'importance des prochaines échéances électorales.
Pour l'ancien député Kane Hamidou Baba, premier vice-président du Rassemblement des forces démocratiques (RFD), "la transition va dans le bon sens.
Le bilan est globalement positif.
Ainsi sur le plan économique et des rapports avec les bailleurs de fonds, l'avènement du nouveau pouvoir a permis au pays d'éviter bien des désagréments".
M.
Kane a cependant regretté que certaines questions liées notamment aux droits de l'homme (passif humanitaire, esclavage) n'aient pas été abordées.
Optimiste toutefois quant à la volonté réitérée des militaires de tenir leurs promesses, M.
Kane estime que "la Mauritanie est engagée sur la voie d'une démocratie véritable".
Quant au président du Parti pour l'égalité et la justice (PLEIJ) et ancien ministre, Mamadou Alassane, il juge le nouveau régime "infiniment mieux que le précédent parce qu'il accorde plus de libertés" et parce qu'il a "théoriquement résolu le problème de l'alternance" en Mauritanie.
Cependant, aux yeux de ce candidat à l'élection présidentielle de mars 2007, d'importantes questions n'ont pas été abordées, notamment la cohabitation communautaire qui empoisonne la vie politique du pays depuis 20 ans, ce qui a conduit à des exécutions extra-judiciaires et autres déportations.
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Pour Me Brahim Ould Ebety, secrétaire général de l'ONG GERDES, "la transition a le mérite d'avoir mis fin à la dictature de Taya.
Elle propose également la mise en place d'institutions démocratiques, l'assainissement de la justice et de l'administration, tout comme elle a rendu possible l'évocation sur la place publique de questions jadis taboues comme le passif humanitaire ou l'esclavage.
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03 Agosto 2006 19:31:00




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