La Ligue arabe s'oppose à toute attaque contre ses membres

Le Caire- Egypte (PANA) -- La Ligue arabe estime qu'attaquer un Etat arabe serait "attaquer tous les Etats arabes et leur sécurité nationale".
"Les Etats arabes s'opposent à toute attaque contre l'Irak ou contre un autre Etat", ont indiqué dimanche nuit les ministres des Affaires étrangères arabes à l'issue d'une réunion d'urgence au Caire.
Dans une déclaration finale rendue publique au terme cette réunion controversée sur l'Irak, ils ont exhorté les 22 membres de la Ligue arabe "à n'apporter aucune forme d'assistance ni services pouvant être utilisés pour menacer la sécurité et l'intégrité territoriale de l'Irak".
Le Koweït, qui avait été envahi par les troupes irakiennes en 1990, a été le seul pays arabe à exprimer des réserves en ce qui concerne cette disposition de la déclaration finale, a fait savoir Mahmoud Hammoud, ministre libanais des Affaires étrangères qui a présidé la rencontre.
Les ministres ont discuté pendant plusieurs heures des réserves du Koweït et se sont retrouvés divisés en deux camps pendant un moment.
La Syrie, l'un des voisins de l'Irak, mais aussi le Liban, qui préside actuellement la Ligue arabe, ont exercé des pressions pour l'adoption de la disposition controversée.
Mais l'Egypte et les Etats arabes du Golfe, traditionnellement considérés comme des proches alliés des Etats-Unis dans la région, ont émis des réserves durant un débat animé à huis clos.
Les Etats-Unis disposent d'une base militaire en Arabie Saoudite, à Bahreïn et au Qatar et de troupes stationnées au Koweït.
Les ministres arabes des Affaires étrangères ont également exprimé leur engagement "à préserver la souveraineté et l'intégrité territoriale" du Koweït.
Ils ont exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU à donner aux inspecteurs en désarmement "plus de temps pour finaliser leur mission conformément à la résolution 1441 de l'ONU sur le désarmement de l'Irak".
Ils ont salué la "coopération suivie" entre les autorités irakiennes et les inspecteurs en désarmement de l'ONU car "la poursuite du travail des inspecteurs en désarmement avec objectivité et intégrité aidera à atteindre des résultats satisfaisants et à surmonter les difficultés et obstacles qui se dressent sur le sentier de la coopération entre les deux parties".
Les ministres ont aussi exprimé leur solidarité, non pas avec le régime irakien, mais avec le peuple irakien, qui "souffre depuis plus d'une décennie sous le poids d'un embargo injuste" imposé par l'ONU.
Les chefs des diplomaties arabes ont mis en garde la communauté internationale contre "une agression préméditée" contre l'Irak et son intégrité territoriale ainsi que son peuple.
"Cette région a beaucoup souffert des effets dévastateurs de nombreuses guerres et souffre encore de la politique israélienne d'occupation, de destruction et d'expropriation du peuple palestinien" ont souligné les ministres dans leur communiqué.
Ils ont appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à débarrasser la région du Moyen-Orient "y compris Israël, de toutes les armes de destruction massive, et armes chimiques, biologiques et nucléaires".
Ils ont souligné l'importance de coordonner leurs efforts avec le Conseil de sécurité, l'Union européenne, l'Organisation de la conférence islamique et le Mouvement des Non Alignés en vue d'éviter la guerre.
S'exprimant lors d'une conférence de presse, le chef de la diplomatie libanaise a affirmé que la Ligue arabe considère l'ONU comme "l'unique et seul arbitre de la légalité internationale".
Il a également indiqué que ses collègues ont demandé à l'Irak d'appliquer toutes les résolutions de l'ONU liées à la crise actuelle et de "continuer à coopérer avec les inspecteurs en désarmement de l'ONU".
"Contrairement à ceux qui veulent constamment ternir leur image, les Arabes veulent la paix non la guerre", a souligné M.
Hammoud.
Dans le cadre d'une initiative sans précédent, George Papandreou, ministre grec des Affaires étrangères, dont le pays préside la présidence tournante de l'Union européenne, a assisté à l'ouverture de la réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe.
M.
Papandreou a eu dimanche des entretiens séparés avec ses homologues arabes.
Il aurait dit à Naji Sabri, ministre irakien des Affaires étrangères que le président Saddam Hussein "doit comprendre qu'il existe une chance, par le biais de l'ONU, de régler ce problème de façon pacifique".
Par ailleurs, les ministres n'ont pas réussi à tomber d'accord sur la date d'un autre sommet d'urgence convoqué vendredi dernier par le président égyptien, Hosni Mubarak.
Selon Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, les Etats arabes sont tombés d'accord sur la nécessité d'organiser un sommet d'urgence.
"Mais en raison de l'engagement des Etats arabes par rapport à deux autres sommets qui doivent se tenir avant la fin du mois de février - le sommet France-Afrique à Paris et le sommet des Non Alignés à Kuala Lumpur - il faudrait se concerter davantage", a- t-il dit.

17 février 2003 13:01:00




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