La LCDH et la société civile accusées de complicité

Bangui- Centrafrique (PANA) -- Le porte-parole du président centrafricain Ange-Félix Patassé, M.
Prosper Ndouba, a vivement pris à partie la Ligue centrafricaine des Droits de l'homme (LCDH) et la société civile de ce pays, les accusant notamment d'être en partie "responsables" de la situation qui prévaut en RCA.
Dans un entretien exclusif accordé mardi à la PANA à Bangui, M.
Mdouba accuse en particulier la LCDH d'être "partiale".
Pour elle, a-t-il dit "c'est comme si les morts n'ont pas la même importance".
Il a, à ce propos, rappelé que des gardes du palais présidentiel ont été froidement abattus et parfois égorgés, "sans que cela n'émeuve outre mesure les défenseurs des droits de l'homme".
M.
Ndouba a accusé la LCDH d'avoir alimenté la haine et d'avoir donné à M.
Kolingba des idées de coup d'Etat.
On rappelle que tout en condamnant la tentative de coup d'Etat, la Ligue avait dénoncé "des atteintes aux droits de l'homme et la chasse aux Centrafricains de l'ethnie de M.
Kolingba, les Yakomas".
Pour ce qui concerne la société civile, M.
Ndouba la juge également responsable ne pas avoir dénoncé "le projet de coup d'Etat".
Selon lui, le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) de Kolingba, s'est prévalu, dans un passé récent, du soutien de la société civile pour essayer de réclamer le départ du président Patassé.
Ce qui est, de son point de vue, un argument suffisant pour prouver sa collusion avec ce parti.
Le porte-parole du chef de l'Etat centrafricain a qualifié la condamnation du coup d'Etat par la LCDH et la société civile d'"hypocrisie".
M.
Ndouba a, par ailleurs, estimé que la responsabilité du RDC dans la tentative de coup de force était entière, justifiant ainsi la décision des autorités de suspendre ce parti pour trois mois.
Selon lui, cette décision n'est pas prématurée comme l'ont soutenu la LCDH et certains leaders de l'opposition.
Il a indiqué que la fuite des responsables du RDC constituait un aveu de culpabilité et n'était pas seulement guidée par la peur.
Il a interprété la condamnation du coup par six députés du RDC comme "une manoeuvre de diversion".
Interrogé sur le sort des personnalités du RDC réfugiées dans les ambassades de France et des Etats-Unis, il a indiqué que le président Patassé avait demandé qu'elles soient mises à la disposition de la commission d'enquête.
Parmi ces personnalités figurent l'épouse de M.
Kolingba, député, et son collègue Louis Gamba, président du groupe parlementaire du RDC.
Semblant inflexible sur ce point, le porte-parole de M.
Patassé a déclaré que "tous devront absolument être entendus", assurant que toutes les mesures ont été prises pour garantir leur sécurité.

26 juin 2001 20:30:00




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