Mexico- Mexique (PANA) – Alors que la Francophonie- célèbre ce lundi le 36ème anniversaire de son existence, la langue française n'a pas trouvé de place dans les manifestations du 4ème Forum mondial de l'eau ouvert jeudi dernier à Mexico, a constaté sur place la PANA.
Les documents du forum sont exclusivement en anglais et en espagnol, en dépit de la très forte présence, dans la capitale mexicaine, de locuteurs francophones venus d'Afrique, d'Amérique, d'Asie et d'Europe.
Les interventions lors des ateliers, des tables-rondes et des conférences de presse ne font l'objet d'aucune traduction simultanée en français.
Les participants francophones se sont, après quelques vaines protestations, résignées à leur sort.
"Nos démarches pour disposer de la traduction des documents essentiels n'ont rien donné.
Nous avons dû insister et même taper du poing sur la table pour avoir ici ou là la traduction des travaux d'une table-ronde ou d'un atelier", a déclaré à la PANA Amadou Djirmey, un participant nigérien au forum.
"Il est difficile d'imposer l'usage de la langue française dans ce forum.
Je constate avec amertume que les Français eux-mêmes ont renoncé à défendre à Mexico la place du français dans les discussions.
La bataille est, pour cette fois, totalement perdue", a renchéri Ahmed Zaeïd, de la délégation tunisienne.
Si elle a acquis une réputation progressive dans la médiation dans les conflits et l'accompagnement des situations post- conflits, la Francophonie peine à obtenir des résultats dans la défense et l'illustration de la langue française.
Le forum mondial de Mexico illustre parfaitement cette difficulté.
Le français, parlé par quelque 170 millions de locuteurs francophones, a le statut de langue officielle dans 30 pays des 53 Etats membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Après avoir obtenu en novembre dernier à Antananarivo une réforme significative de la Francophonie, son secrétaire général, le Sénégalais Abdou Diouf, entend désormais engager davantage de moyens pour améliorer l'usage du français lors des manifestations internationales.
Un défi qui n'est pas gagné à l'avance.