La Francophonie en faveur du respect de la souveraineté dans le règlement de la crise au Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - Un émissaire de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et ancien président de la Confédération suisse, Pascal Couchepin, a déclaré, mardi, à Bujumbura, que son institution respectait la souveraineté du Burundi dans la gestion et le règlement de la crise électorale que traverse ce pays membre depuis bientôt cinq mois.

"Au niveau de la famille francophone, on va apporter une contribution amicale aux efforts des Burundais», a-t-il souligné au sortir d’une audience avec le président du Sénat, Réverin Ndikuriyo.

Il s’agit d’un assouplissement de la position de l’Organisation de la Francophonie, qui avait douté de la crédibilité du processus électoral de ces derniers mois au Burundi par rapport aux normes internationalement reconnues d’inclusion, de transparence et d’équité.

Un contentieux subsiste entre le pouvoir et une opposition qui a boycotté, dans sa grande majorité, les différents scrutins des élections générales de cette année, pour protester contre leur organisation « non concertées » avec toutes les parties prenantes intéressées.

« Il est nécessaire que chaque partie, y compris au niveau international, fasse les efforts nécessaires, pour aider le Burundi à se sortir de la crise", a souligné l’émissaire de la Francophonie, après un exposé qu’il a jugé « riche » du président du Sénat sur la situation post-électorale réelle du pays.
  
S’agissant de la situation socio-politique post-électorale réelle du pays, on note que le président sortant, Pierre Nkurunziza, dont la candidature à un troisième mandat était vivement controversée pour son caractère « inconstitutionnelle » et contraire à l’Accord d’août 2000, à Arusha, en Tanzanie, sur la paix et la réconciliation nationale dans les milieux de l’opposition et de la Société civile, a fini par se représenter et gagner le scrutin du 21 juillet dernier sur un score plus que confortable de près de 70% des suffrages exprimés.

Le parti présidentiel dispose encore d’une majorité absolue de 86 des 121 députés de la nouvelle Assemblée nationale et de 33 des 43 membres du Sénat.

Le nouveau gouvernement comporte 15 des 20 ministres qui sont issus du Conseil national pour la défense de la démocratie/Forces de défense de la démocratie (Cndd-Fdd, parti présidentiel).

Le reste des cinq ministres sont issus des seules Forces nationales pour la libération (Fnl, récemment encore principal parti politique de l’opposition) dont le leader historique, Agathon Rwasa, avait pourtant appelé au boycott des élections passées au Burundi.

Cet ancien chef rebelle a encore opéré un revirement spectaculaire en acceptant le poste de vice-président de la nouvelle Assemblée nationale, ce qui a contribué à légitimer et renforcer le nouveau pouvoir aux yeux des observateurs attentifs à la situation politique nationale.

M. Rwasa faisait partie d’une délégation parlementaire qui a sillonné ces derniers jours la sous-région du Burundi pour tenter de briser le risque d’isolement du nouveau pouvoir et expliquer aux voisins que la situation politique nationale commence à se normaliser à la faveur des récentes élections.

L’autre argument de plus en plus séduisant du pouvoir sur la scène politique et diplomatique internationale est qu’il a été procédé à la mise en place d’un « gouvernement d’union nationale » ouvert à toutes les composantes socio-politiques et ethniques du pays.

Une bonne partie d’autres leaders politiques de l’opposition et des frondeurs du Cndd-Fdd restent cependant aujourd’hui encore en dehors des institutions issues des urnes et continuent à réclamer au pouvoir un dialogue sur les voies et moyens d’organiser des élections plus « inclusives, crédibles, apaisées, démocratiques, transparentes et équitables » que les précédentes.

Sur le plan humanitaire, plus de 150.000 Burundais restent encore à rapatrier des pays voisins après avoir fui les violences électorales de ces derniers mois.

Dans le domaine des médias, plusieurs stations de radiotélévisions privées indépendantes attendent l'autorisation de se reconstruire et de reprendre leurs émissions et programmes après avoir été détruites dans les violences électorales de ces derniers mois.

L'économie nationale continue également à tourner au ralenti à cause de la crise pendant que les principaux bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, qui perfusent l'économie et le développement du Burundi à hauteur de 50% des aides financières, dont le pays a besoin, ont menacé à maintes reprises ces derniers temps de fermer le robinet.
-0- PANA FB/BEH/IBA  08septembre2015

08 septembre 2015 14:34:09




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