La France préoccupée par la condamnation du journaliste Ahmed Baba

Paris, France (PANA) – Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal, a déclaré mardi que la France a appris avec préoccupation la condamnation lundi par le tribunal militaire de Yaoundé de Ahmed Abba, correspondant de RFI au Cameroun, et a espéré que l’appel interjeté par l’avocat du journaliste puisse lui permettre de recouvrer la liberté.

"La France a appris avec préoccupation la condamnation le 24 avril 2017 par le tribunal militaire de Yaoundé de M. Ahmed Abba, correspondant de RFI au Cameroun. Les avocats de M. Ahmed Abba ont fait savoir qu'ils allaient faire appel de cette décision. Nous espérons que la suite de la procédure permettra à M. Ahmed Abba de recouvrer rapidement la liberté, alors qu'il a déjà passé 21 mois en prison", a déclaré mardi Romain Nadal au cours d'un point de presse.

Ahmed Abba, arrêté le 30 juillet 2015 pour sa couverture des attaques du groupe terroriste Boko Haram, avait passé sept mois de détention au secret durant lesquels il avait subi des sévices, avant d'être finalement présenté à un juge le 29 février 2016 malgré les demandes de libération sous caution de ses avocats systématiquement ignorées lors des 17 audiences de son procès.

Lundi, 24 avril dernier, le juge du tribunal militaire de Yaoundé a rendu son verdict après une 18ème comparution et a condamné le journaliste à 10 ans d'emprisonnement, ainsi qu'à une amende de 55 millions de FCFA (environ 85.000 euros).

"La France réitère son attachement au respect des libertés fondamentales, dont la liberté de la presse, raison pour laquelle nous sommes pleinement engagés en faveur de leur protection partout dans le monde", a souligné le porte-parole du Quai d’Orsay.

Pour rappel, les accusations de non-dénonciation se basent sur une visite d'une localité attaquée par Boko Haram que Ahmed Baba et les autorités locales ont découverte en même temps. Quant à l'accusation de "blanchiment du produit d'un acte terroriste", il n'est fondé que sur des éléments peu tangibles et datant de 2010.

Lors de la précédente audience tenue le 20 avril, Ahmed Abba avait été reconnu non coupable d'apologie du terrorisme, mais coupable de "non-dénonciation" et "blanchiment du produit d'un acte terroriste" avec une réquisition pour la prison à perpétuité pour cette dernière charge.
-0- PANA  BM/TBM/SOC   25avril2017

25 avril 2017 20:45:36




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